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Tu Inmueble Playa
Juridique Focus : Riviera Maya · 46 min de lecture

Acheter en pré-construction dans la Riviera Maya : risques réels et vérification du promoteur

Guide juridique pour acheter sur plan à Tulum et Playa del Carmen : permis, MIA, régime de copropriété, contrat enregistré à PROFECO, échéancier, pénalités et vérification du promoteur.

Par l’équipe Tu Inmueble Playa · ·

Information générale, et non un conseil juridique, fiscal ou financier. Vérifiez toujours auprès d’un notario público (notaire), d’un comptable ou d’un avocat au Quintana Roo.

Acheter en pré-construction dans la Riviera Maya — un appartement à Tulum qui n’est encore qu’une image de synthèse, une tour à Playa del Carmen dont seule l’excavation est faite — est la porte d’entrée la plus fréquente au marché immobilier du Quintana Roo. C’est aussi celle qui concentre l’essentiel des dossiers qui finissent ensuite chez PROFECO, dans les cabinets d’avocats et sur les forums d’acheteurs français, belges, suisses et québécois. La décote par rapport au produit livré est réelle ; le risque l’est tout autant, et il ne se trouve ni dans la plage ni dans le design, mais dans le promoteur, dans ses permis et dans le contrat que vous signez.

Ce guide explique, textes de loi à l’appui, comment fonctionne concrètement un achat sur plan à Tulum, à Playa del Carmen et sur le reste du corridor Cancún–Tulum : ce que la Ley Federal de Protección al Consumidor (loi fédérale de protection du consommateur, ci-après LFPC) et la NOM-247-SE-2021 obligent le vendeur à vous montrer avant que vous ne versiez un seul peso, quels permis municipaux, régionaux et fédéraux le projet doit détenir, comment lire l’échéancier de paiement et les clauses pénales, et comment vérifier le promoteur à partir de sources publiques plutôt que de sa propre plaquette commerciale.

À la différence des guides génériques sur « l’investissement sur plan », vous ne trouverez ici aucune promesse de plus-value : vous trouverez une méthodologie de vérification du promoteur, les articles de loi qui la fondent, les organismes du Quintana Roo qui interviennent — mairies de Solidaridad, de Tulum et de Benito Juárez, SEDETUS, Registro Público de la Propiedad y del Comercio, SEMARNAT — et une liste de contrôle que vous pouvez parcourir point par point avec votre avocat et avec le notario público (notaire mexicain, officier public qui authentifie les transferts de propriété) avant de signer.

Si vous êtes de surcroît étranger — résident de France, de Belgique, de Suisse ou du Québec —, l’analyse croise deux sujets supplémentaires : le fideicomiso bancaire de zone restreinte (fiducie bancaire obligatoire pour acquérir dans la bande côtière) et la façon dont vous transférez votre argent au Mexique. Ces deux sujets ont leur propre guide sur ce site, et sont mis en lien au moment où ils apparaissent.

Résumé exécutif

  • Un achat en pré-construction est l’acquisition d’un bien futur, subordonnée au fait que le promoteur le construise. Le Code civil du Quintana Roo admet la vente de biens futurs (art. 2559), mais l’acheteur assume le risque d’exécution du vendeur, et ce risque se gère avec des documents, pas avec de la confiance.
  • La LFPC s’applique aux lotisseurs, constructeurs et promoteurs de logements (art. 73) et impose l’enregistrement de leurs contrats auprès de PROFECO. L’article 73 BIS énumère treize blocs d’information devant être mis à votre disposition, dont le projet d’exécution, le titre de propriété, les licences et les plans.
  • La NOM-247-SE-2021, en vigueur depuis septembre 2022, définit le contrat d’adhésion de pré-construction, exige l’affichage visible du prix et des caractéristiques, encadre les acomptes et pose que le retard de livraison génère une pénalité contractuelle ou des dommages et intérêts, avec des pénalités réciproques et équivalentes.
  • Le projet a besoin, au minimum, d’un titre propre, d’un certificat d’usage du sol compatible, d’un permis de construire municipal, des attestations de faisabilité des réseaux et, lorsqu’il affecte des écosystèmes côtiers, des zones humides ou la forêt, d’une autorisation d’impact environnemental de SEMARNAT (LGEEPA, art. 28).
  • Le régime de propriété en copropriété doit être constitué par acte notarié, avec autorisation municipale, et inscrit au Registro Público de la Propiedad y del Comercio ; sans lui, aucune escritura (acte notarié de propriété) ne peut être établie à votre nom.
  • La Ley de Acciones Urbanísticas del Estado de Quintana Roo (2018, modifiée à plusieurs reprises depuis) encadre lotissements, ensembles urbains et copropriétés : le promoteur qui vend avant d’achever les travaux de viabilisation doit les garantir par une caution au bénéfice de la commune, et la publicité portant sur des lots doit identifier la licence et l’autorisation de vente délivrée par la mairie.
  • La garantie légale minimale d’un bien neuf est de cinq ans pour la structure, trois ans pour l’étanchéité et un an pour le reste, à compter de la livraison effective (LFPC, art. 73 QUÁTER).
  • Votre argent doit voyager vers des comptes identifiables — escrow, fideicomiso d’administration ou compte de la société propriétaire du terrain —, jamais vers des personnes physiques ni vers des sociétés autres que celle qui signe.

Ce qu’est réellement une pré-construction et pourquoi la Riviera Maya fonctionne autrement

Sur le plan juridique, la NOM-247-SE-2021 définit le contrat d’adhésion de pré-construction comme une modalité de vente « soumise à une condition suspensive consistant en ce que le fournisseur s’oblige à construire un bien immobilier et le consommateur accepte d’effectuer un paiement anticipé », généralement à un prix préférentiel par rapport au produit achevé, et reconnaît que la pratique recourt fréquemment à la figure de la promesse de vente (point 3.13). Autrement dit : vous achetez quelque chose qui n’existe pas, en échange d’un prix inférieur, et vous financez partiellement sa construction avec vos versements.

À Playa del Carmen et à Tulum, ce schéma domine l’offre neuve pour trois raisons structurelles. La première : le foncier est cher par rapport au coût de construction, et le promoteur a besoin de liquidités précoces pour payer le terrain et démarrer le chantier. La deuxième : une grande partie des acheteurs sont étrangers ou mexicains venus d’autres villes, et achètent à distance, si bien que les images de synthèse et le discours commercial pèsent plus lourd que l’inspection physique. La troisième : le marché de la location saisonnière a créé une demande de produit « prêt à exploiter », et les promoteurs vendent le flux futur autant que la brique.

Pour un lecteur français, belge ou suisse, la comparaison naturelle est la VEFA. Elle est utile pour comprendre l’idée générale — payer par étapes un bien à construire — mais elle est trompeuse si l’on s’y accroche. En France, la VEFA transfère la propriété du sol et des constructions au fur et à mesure de l’avancement et s’accompagne d’une garantie financière d’achèvement obligatoire délivrée par un établissement financier. Rien de tel n’existe automatiquement au Mexique. Au Quintana Roo, tant que le régime de copropriété n’est pas inscrit et que l’escritura n’est pas signée, vous n’êtes titulaire que d’un droit personnel contre le vendeur, et la garantie d’achèvement n’existe que si vous l’avez négociée sous forme de fideicomiso, d’escrow ou de caution. Le lecteur québécois retrouvera un écart comparable avec les plans de garantie de bâtiments résidentiels neufs de son marché : au Mexique, la garantie légale existe bien, mais elle pèse sur le vendeur, pas sur un organisme tiers solvable.

Les phases d’une pré-construction et l’évolution du risque

Une pré-construction typique de la Riviera Maya traverse quatre étapes. Lors du pré-lancement, ou « liste d’amis », le promoteur ne détient pas encore tous les permis et propose les prix les plus bas en échange d’une réservation ; le risque est maximal, car le projet peut ne pas obtenir sa licence ou changer de forme. En pré-construction formelle, le permis de construire et le contrat enregistré existent — ou devraient exister ; le prix monte et le risque baisse. Pendant le chantier, le risque se concentre sur le calendrier, la qualité et la trésorerie du promoteur. À la livraison et à la signature, le risque se déplace vers les vices cachés, le régime de copropriété et la gestion initiale, sujets développés dans le guide sur la livraison d’un appartement neuf, vices cachés et garanties.

La remise consentie à chaque phase est le prix du risque que vous acceptez. Si un promoteur vend avec une décote agressive avant d’avoir sa licence, il vous demande de financer l’incertitude réglementaire de son projet. Cela peut être une décision raisonnable si le promoteur a un historique et un patrimoine ; c’est une très mauvaise décision s’il s’agit d’une société de projet constituée il y a trois mois, sans autre actif qu’une option sur le terrain.

Biens futurs et risque d’exécution dans le Code civil du Quintana Roo

Le Code civil de l’État de Quintana Roo permet que des biens futurs fassent l’objet d’une vente (art. 181 et 2559). Le même Code avertit, à l’article 2588, que lorsque l’acheteur prend le risque que le bien ne vienne pas à exister, le contrat devient aléatoire, et que l’opération ne produit aucun effet si l’existence du bien dépend exclusivement de la volonté ou de l’action du vendeur. Cette règle est la raison de fond pour laquelle un contrat de pré-construction sérieux ne peut pas laisser la construction « à l’appréciation du promoteur » : il doit fixer un objet déterminé, un délai, les conséquences de l’inexécution et des mécanismes de restitution. Ce qui, dans un contrat commercial entre entreprises, se négocie librement, est en outre encadré, dans une vente de logement au public, par la législation de protection du consommateur, comme nous allons le voir.

Avantages et inconvénients réels de l’achat sur plan

Il vaut la peine de séparer les arguments commerciaux des faits vérifiables.

Aspect Avantage réel Risque ou coût réel
Prix Entrée sous le prix du produit achevé dans le même secteur, si le projet est livré. La « remise » se calcule sur un prix catalogue futur fixé par le promoteur lui-même, non par le marché.
Paiements Échéancier étalé pendant le chantier, sans intérêts dans la plupart des cas. Versements anticipés sans garantie réelle : si le promoteur fait faillite, vous êtes créancier chirographaire.
Produit Choix du lot, de l’étage, de l’orientation ; possibilité d’ajustements mineurs de finitions. Modifications du projet, réductions de surface, substitution de matériaux « équivalents ».
Temps Délai pour organiser financement, fideicomiso et résidence fiscale. Retards de plusieurs mois ou années ; coût d’opportunité et risque de change.
Régime juridique Protection de la LFPC et de la NOM-247 lorsque le vendeur est promoteur de logements. Le contrat enregistré ne protège que si vous signez exactement le modèle enregistré.
Signature Titres neufs, sans historique de charges de propriétaires antérieurs. Aucune escritura tant que le régime de copropriété n’est pas inscrit ; entre-temps, vous n’avez qu’un droit personnel contre le vendeur.

La conclusion n’est pas que la pré-construction soit bonne ou mauvaise : c’est que ses avantages dépendent entièrement de la solvabilité et du sérieux du promoteur, et que ses risques se réduisent avec des documents précis que la loi vous donne le droit d’exiger.

Le cadre légal qui protège l’acheteur : LFPC et NOM-247-SE-2021

Beaucoup d’acheteurs, en particulier étrangers, supposent qu’au Mexique la vente sur plan est un espace sans régulation. Ce n’est pas le cas. Deux couches fédérales s’appliquent directement lorsque vous achetez un logement à un promoteur, auxquelles s’ajoutent les lois du Quintana Roo régissant permis et copropriétés.

Ley Federal de Protección al Consumidor : articles 73 à 73 QUINTUS

L’article 73 de la LFPC dispose que les actes relatifs aux biens immobiliers relèvent de la loi lorsque les fournisseurs sont « lotisseurs, constructeurs, promoteurs et autres personnes intervenant dans le conseil et la vente au public de logements destinés à l’habitation », et ajoute que les contrats de ces activités doivent être enregistrés auprès de la Procuraduría Federal del Consumidor. Le promoteur qui vous vend un appartement à Tulum ou à Playa del Carmen destiné à l’habitation entre dans cette définition, même si vous comptez le louer.

L’article 73 BIS énumère ce que le fournisseur doit mettre à la disposition du consommateur : en cas de pré-construction, le projet d’exécution complet, la maquette et, le cas échéant, l’appartement témoin (fr. I) ; les documents établissant la propriété et l’information sur les charges, qui devront être levées à la signature de l’escritura (fr. II) ; la qualité du vendeur et son autorisation de commercialiser (fr. III) ; l’état de paiement des contributions et services (fr. IV) ; les autorisations, licences ou permis de construire relatifs aux spécifications techniques, à la sécurité, à l’usage du sol, aux matériaux et aux services de base (fr. V) ; les plans structurels, architecturaux et des installations (fr. VI) ; les caractéristiques du bien, y compris surface, stationnement, parties communes et quote-part indivise (fr. VII) ; les avantages additionnels offerts (fr. VIII) ; les options de paiement avec le montant total de chacune (fr. IX) ; en cas d’opération à crédit, le type de crédit et l’échéancier prévisionnel (fr. X) ; les conditions de signature et les débours distincts du prix (fr. XI) ; les conditions d’annulation (fr. XII) ; et l’existence et la constitution de garanties hypothécaires, fiduciaires ou autres (fr. XIII).

L’article 73 TER fixe le contenu minimal du contrat qui est enregistré : lieu et date ; langue espagnole, celle-ci prévalant s’il existe une version dans une autre langue (fr. II) ; identification fiscale du fournisseur et du consommateur ; montants en monnaie nationale, même s’ils peuvent aussi être exprimés en devise étrangère (fr. V) ; description de l’objet ; prix total, modalités de paiement et débours additionnels ; droits et obligations des deux parties ; pénalités contractuelles « réciproques et équivalentes » pour le fournisseur et le consommateur (fr. IX) ; garanties et frais remboursables ; procédure d’annulation et ses implications (fr. XI) ; dates de début et de fin des travaux et de livraison du bien, dont le fournisseur n’est exonéré que s’il établit pleinement un cas fortuit ou une force majeure l’affectant directement lui ou le bien (fr. XII) ; caractéristiques techniques de structure, installations et finitions (fr. XIII) ; et modalités de signature de l’escritura, avec la mention que le bien sera libre de charges au moment de signer (fr. XIV).

L’article 73 QUÁTER établit la garantie légale minimale de tout bien immobilier régi par la loi : cinq ans pour les éléments structurels, trois ans pour l’étanchéité et un an pour les autres éléments, tous comptés à partir de la livraison effective du bien. Ces délais proviennent de la réforme publiée au Diario Oficial de la Federación au début de 2012, qui a remplacé le minimum général d’un an en vigueur depuis 2004 ; pendant la garantie, le fournisseur doit réaliser sans frais toute réparation des défauts du bien, la durée des réparations ne s’impute pas sur le délai et, une fois la réparation faite, la garantie recommence à courir sur ce qui a été réparé ou remplacé tandis qu’elle se poursuit pour le reste du bien. L’article 73 QUINTUS régit ce qui se passe lorsque, la garantie ayant été mise en jeu, le défaut persiste : le fournisseur doit réparer de nouveau et bonifier cinq pour cent de la valeur de la réparation en cas de défaut léger, ou vingt pour cent du prix du bien en cas de défaut grave — entendus comme ceux qui affectent la structure ou les installations et compromettent l’usage plein ou la sécurité du bien, ou empêchent de l’utiliser conformément à sa destination ; et lorsque les défauts graves s’avèrent irréparables, le remplacement du bien ou la résolution du contrat avec restitution des sommes versées majorées d’intérêts est due. La NOM-247 exige en outre que le contrat d’adhésion inclue les termes de la garantie et le mécanisme pour la faire jouer (point 6, fr. XII) et, le cas échéant, les termes de l’assurance qualité souscrite par le promoteur (fr. XXIV).

L’enregistrement du contrat auprès de PROFECO : pourquoi ce n’est pas une formalité mineure

Les articles 86 et 87 de la LFPC construisent le système d’enregistrement préalable. Le ministère de l’Économie peut, par des normes officielles mexicaines, soumettre des contrats d’adhésion à un enregistrement préalable auprès de PROFECO lorsqu’ils impliquent des prestations disproportionnées ou de « fortes probabilités d’inexécution » (art. 86) ; les contrats soumis à enregistrement doivent contenir une clause attribuant compétence administrative à la Procuraduría et indiquer leur numéro d’enregistrement. L’article 87 dispose que PROFECO statue dans les trente jours ouvrables — ce délai écoulé sans décision, le modèle est réputé approuvé et la Procuraduría doit l’enregistrer — et, surtout, que les contrats qui devaient être enregistrés et ne l’ont pas été, ou dont l’enregistrement a été refusé, « ne produiront pas d’effets contre le consommateur » ; en outre, les contrats enregistrés doivent être utilisés dans toutes les opérations et correspondre fidèlement au modèle. L’article 86 QUÁTER boucle la boucle : toute différence entre le texte enregistré et le texte utilisé au préjudice du consommateur est réputée non écrite.

Pour l’acheteur, la conséquence pratique est immédiate : demandez le numéro d’enregistrement du contrat d’adhésion et consultez-le dans le Registro Público de Contratos de Adhesión de PROFECO (rpca.profeco.gob.mx). Comparez le modèle enregistré au document qu’on vous propose de signer, clause par clause. Les annexes, les « lettres d’intention » et les « avenants modificatifs » qui s’écartent du modèle sont exactement le type de différence que la loi neutralise — mais seulement si vous la détectez et la faites valoir.

NOM-247-SE-2021 : la norme qui traduit la loi en pratique

La Norme officielle mexicaine NOM-247-SE-2021, publiée au Diario Oficial de la Federación le 22 mars 2022 et entrée en vigueur 180 jours naturels plus tard, régit l’information commerciale, la publicité et les éléments minimaux des contrats de vente de logements. Elle s’applique uniquement aux lotisseurs, constructeurs, promoteurs et autres personnes intervenant dans la vente au public de logements, c’est-à-dire à celui qui vous vend sur plan. Ses dispositions les plus utiles à l’acheteur dans la Riviera Maya sont les suivantes :

  • Obligation de remettre une charte des droits, sur support physique ou électronique, exposant la protection accordée par la LFPC et par la norme elle-même (point 4.8).
  • Acomptes : le fournisseur doit remettre un justificatif et informer, avant de les recevoir, qu’ils s’imputeront sur le prix, quels droits et obligations ils créent, et quels sont les mécanismes, délais et pénalités de restitution, laquelle doit s’effectuer par le même moyen de paiement (point 4.4).
  • Ventes sur plan : le fournisseur doit afficher de manière notoire et visible le prix et les caractéristiques des logements, disposer d’une capacité économique suffisante pour honorer réclamations et bonifications, et réaliser la vente sur plan sous la forme du contrat d’adhésion de pré-construction (point 4.6).
  • Publicité — y compris celle réalisée par l’intermédiaire de fideicomisos — véridique, vérifiable et claire ; le défaut de véracité oblige le fournisseur à exécuter ce qui a été promis et, si c’est impossible, ouvre droit à la bonification de l’article 92 TER de la LFPC, qui ne peut être inférieure à vingt pour cent du prix payé (points 5.1 et 5.2).
  • Documents de propriété : acte notarié inscrit au Registro Público et information sur les charges, limitations du droit de propriété et dettes (point 5.4).
  • Commerciaux accrédités par une carte délivrée par le fournisseur, dont les affirmations sont réputées autorisées par celui-ci (point 5.5).
  • Licences, permis et autorisations en cours de validité pour l’usage du sol, la construction, le lotissement, la division, la fusion, le redécoupage parcellaire et la copropriété, mis à disposition du consommateur sous forme imprimée ou numérique (point 5.6.2), et plans validés par un expert responsable ou un Director Responsable de Obra, le maître d’œuvre agréé (point 5.6.4).
  • Contrat d’adhésion (point 6) : pénalité contractuelle réciproque et équivalente (fr. XI), termes de la garantie (fr. XII), procédure d’annulation (fr. XIII) et conditions et date de livraison, avec la règle selon laquelle le retard « donnera lieu à l’application de la pénalité contractuelle ou à une demande de dommages et intérêts », sauf causes dûment justifiées et non imputables au fournisseur, auquel cas les parties peuvent convenir d’une nouvelle date (fr. XIV). Le même point oblige à reconnaître au consommateur le droit d’annuler le contrat dans les cinq jours ouvrables suivant sa signature, avec restitution de ce qui a été versé — déduction faite des seuls frais opérationnels justifiables si cela a été convenu — dans un délai de cinq à quinze jours ouvrables à compter de la notification écrite (fr. XXI), à indiquer la compétence administrative de PROFECO (fr. XXII), la date et le numéro d’enregistrement du contrat (fr. XXIII) et les délais de prescription des actions pour vices cachés et éviction selon la législation civile (fr. XXV). Le point 6.3 ajoute, pour le contrat de pré-construction, l’attestation que le projet d’exécution complet, les plans architecturaux et la description du bien, les avantages additionnels offerts et l’information sur les garanties hypothécaires ou fiduciaires à la charge du fournisseur ont bien été présentés.

La surveillance de la norme relève du ministère de l’Économie, et le contrôle et la sanction de PROFECO (point 13). Un promoteur qui, en 2026, ne connaît pas la NOM-247 ou vous affirme qu’elle « ne s’applique pas aux projets d’investissement » vous livre une information précieuse sur son niveau de conformité.

Les documents du projet à consulter avant de verser la réservation

La liste de l’article 73 BIS est le point de départ ; ce qui suit explique comment la lire dans le contexte du Quintana Roo, où chaque document est délivré et ce que signifie son absence.

Titre de propriété du terrain et antécédents au registre

Le terrain doit être au nom de la société qui signe le contrat de pré-construction, ou d’un fideicomiso dont le fiduciaire signe, et libre de charges qui ne seraient pas levées avant votre escritura. Demandez le folio real et un certificat de liberté de charges récent du Registro Público de la Propiedad y del Comercio de l’État. Si le terrain est encore au nom d’un tiers avec lequel le promoteur « a un accord », ou si l’antécédent est ejidal — issu d’une terre collective agraire, l’ejido — et que le dominio pleno, la pleine propriété privée, n’est pas acquis, vous n’achetez pas un appartement : vous financez l’achat d’un terrain. La procédure complète pour lire folio, charges et antécédents agraires figure dans notre guide de due diligence immobilière et Registro Público au Quintana Roo.

Le Quintana Roo ajoute une nuance qui aggrave le risque : le Code civil de l’État prévoit que l’inscription est constitutive pour les contrats translatifs de propriété immobilière, lesquels « ne se perfectionnent et ne produisent pleinement effet qu’une fois inscrits » (art. 3159 et 3160). Le promoteur qui n’a pas encore inscrit sa propre acquisition du terrain n’est pas, à l’égard des tiers, plein propriétaire de ce qu’il vous vend.

Usage du sol, compatibilité territoriale et plan d’urbanisme

Chaque commune de la Riviera Maya — Solidaridad pour Playa del Carmen, Tulum, Benito Juárez pour Cancún, Puerto Morelos — dispose de son Programa de Desarrollo Urbano, adopté sous l’empire de la Ley de Asentamientos Humanos, Ordenamiento Territorial y Desarrollo Urbano de l’État de Quintana Roo, qui assigne à chaque zone un usage, une densité de logements à l’hectare, un coefficient d’occupation et d’utilisation du sol et une hauteur maximale. Le projet doit entrer dans ces paramètres. Demandez le certificat ou la licence d’usage du sol délivré par la Dirección de Desarrollo Urbano municipale et comparez les chiffres au projet qu’on vous présente : si l’image de synthèse montre six niveaux et que la zone en autorise trois, quelque chose devra céder — et ce qui cède, en général, c’est votre appartement du cinquième étage.

À Tulum, ce contrôle est particulièrement sensible : de vastes zones de croissance récente — la Región 15, les abords d’Aldea Zamá et de La Veleta, le corridor vers la zone hôtelière — ont fait l’objet, à différents moments, d’ajustements de la réglementation urbaine, de révisions et de suspensions de licences, ainsi que de controverses publiques sur les densités et les hauteurs. La situation concrète de chaque parcelle doit être confirmée auprès de la Dirección de Desarrollo Urbano municipale au moment d’acheter, et non à partir de ce qui a été publié il y a des années. La loi de propriété en copropriété de l’État exige en outre, pour inscrire le régime, une Constancia de Compatibilidad Territorial délivrée par la Secretaría de Desarrollo Territorial Urbano Sustentable, SEDETUS (art. 4). Demandez les deux : usage du sol municipal et compatibilité au niveau de l’État.

Permis de construire municipal

Le permis de construire est délivré par la mairie compétente — Solidaridad, Tulum, Benito Juárez — et c’est le document qui sépare un projet d’une idée. Il doit être en cours de validité, au nom de la société propriétaire, se rapporter à la même parcelle (même référence cadastrale et même folio) et au même projet (même surface construite et même nombre de lots) que ce qu’on vous vend. Un permis pour « travaux préliminaires » ou « clôture » n’est pas un permis pour construire l’immeuble ; un permis expiré ou portant sur un projet de moindre ampleur annonce une modification qui peut prendre des mois.

La NOM-247 oblige à mettre ces licences à votre disposition (point 5.6.2) et la LFPC les inclut dans l’information obligatoire (art. 73 BIS, fr. V). N’acceptez pas « c’est en cours d’instruction » comme réponse si vous vous apprêtez à verser davantage qu’une réservation remboursable.

Faisabilité des réseaux : eau, assainissement et électricité

Un immeuble de la Riviera Maya a besoin d’une attestation de faisabilité en eau potable et assainissement — au Quintana Roo, l’organisme d’État est la Comisión de Agua Potable y Alcantarillado (CAPA), et dans certaines communes, dont Benito Juárez et Solidaridad, le service est exploité par une société concessionnaire qui délivre ces attestations — et d’une faisabilité électrique de la Comisión Federal de Electricidad. Dans les zones dépourvues de réseau d’assainissement, comme une bonne partie de Tulum, le projet doit disposer d’une station d’épuration propre autorisée ; la Ley de Acciones Urbanísticas de l’État prévoit des solutions comme les zones humides artificielles ou les biofiltres, à condition qu’elles respectent les normes officielles mexicaines. Demandez les courriers de faisabilité et, le cas échéant, le projet de traitement : un immeuble de location saisonnière sans eau suffisante en haute saison est un actif qui n’opère pas.

Projet d’exécution, plans et Director Responsable de Obra

L’article 73 BIS, fr. I, exige de présenter en pré-construction le projet d’exécution complet ; la fr. VI, les plans structurels, architecturaux et des installations. La NOM-247 ajoute qu’ils doivent être validés par un expert responsable ou par le Director Responsable de Obra. Ces documents vous permettent deux choses : confirmer que le lot que vous achetez existe sur les plans avec la surface, l’orientation et le stationnement annoncés, et annexer au contrat les plans et le descriptif de finitions en tant que définition de l’objet. Si le contrat dit « selon projet » sans annexer le projet, le promoteur conserve la liberté de le modifier.

Permis environnementaux : quand SEMARNAT intervient et ce qu’est la MIA

La Riviera Maya est, sur le plan environnemental, un territoire fragile : forêt basse sur sol karstique, cenotes et rivières souterraines, mangrove, dune côtière et récif. C’est pourquoi l’évaluation d’impact environnemental est un chapitre central de la vérification de toute pré-construction, et non une formalité.

La règle fédérale : article 28 de la LGEEPA

L’article 28 de la Ley General del Equilibrio Ecológico y la Protección al Ambiente définit l’évaluation d’impact environnemental comme la procédure par laquelle le ministère — SEMARNAT — fixe les conditions de réalisation des travaux susceptibles de provoquer un déséquilibre écologique, et énumère ceux qui exigent une autorisation fédérale préalable. Parmi eux figurent, de manière directement pertinente pour la Riviera Maya, les « développements immobiliers affectant les écosystèmes côtiers » (fr. IX), les « travaux et activités en zones humides, écosystèmes côtiers, lagunes, rivières, lacs et estuaires reliés à la mer, ainsi que sur leurs littoraux ou zones fédérales » (fr. X), les changements d’usage du sol en zones forestières et de forêt tropicale (fr. VII) et les travaux dans les aires naturelles protégées fédérales (fr. XI). Le règlement d’application de la loi en matière d’impact environnemental précise les seuils et les exceptions.

En pratique, un projet en front de mer à Tulum, Akumal ou Puerto Morelos, un développement sur mangrove ou au bord d’une lagune côtière, ou un ensemble qui défriche de la forêt sans usage urbain antérieur, exigera une Manifestación de Impacto Ambiental (MIA), étude d’impact environnemental, en modalité particulière ou régionale, instruite auprès de SEMARNAT — les démarches SEMARNAT-04-002 (modalité particulière) et SEMARNAT-04-003 (modalité régionale), déposées auprès du ministère par la voie présentielle ou électronique qu’il a mise en place — et résolue par un courrier officiel autorisant le projet sous conditions. Ce document a une durée de validité, décrit un projet précis (surface de défrichement, nombre de chambres ou de logements, densité) et peut imposer des mesures comme le sauvetage de la flore et de la faune, la conservation d’un pourcentage de végétation native ou des restrictions de hauteur.

Que demander et comment le lire

Demandez le courrier de résolution de la MIA, ou bien le courrier exonérant le projet d’évaluation fédérale lorsque c’est le cas, et comparez le projet autorisé avec celui qu’on vous vend : même parcelle, même surface de construction, même nombre de lots. Une autorisation pour « vingt villas » devenue « quatre-vingts appartements » est un projet dépourvu d’autorisation environnementale pour ce qui se construit réellement. Vérifiez également si le projet dispose d’une autorisation de changement d’usage du sol sur terrains forestiers lorsqu’il implique un défrichement, et si la Procuraduría Federal de Protección al Ambiente (PROFEPA) a des procédures ouvertes sur la parcelle. La fermeture administrative d’un chantier pour motif environnemental arrête le calendrier de livraison indéfiniment et, s’il faut démolir, détruit la valeur de votre acompte.

Lorsque la parcelle a un front de plage, s’ajoute la Zona Federal Marítimo Terrestre (ZOFEMAT), la zone maritime fédérale : elle n’est pas propriété privée et s’occupe par concession fédérale. Le club de plage qu’on vous promet peut dépendre d’un titre de concession que le promoteur n’a pas encore, ou qui est au nom d’un tiers.

Ley de Acciones Urbanísticas : caution de viabilisation et publicité avec licence et autorisation de vente

Le Quintana Roo dispose depuis 2018 d’une Ley de Acciones Urbanísticas del Estado, publiée au Periódico Oficial le 16 août 2018 et modifiée à plusieurs reprises depuis — la plus récente en 2026 —, qui régit lotissements, ensembles urbains, copropriétés et les autres opérations d’aménagement soumises à licence municipale. Elle contient deux règles que l’acheteur sur plan doit connaître, parce qu’elles le protègent directement. Comme la loi a évolué, demandez à votre avocat de travailler sur le texte en vigueur publié par le Congrès de l’État et non sur une copie ancienne ; nous décrivons ici le mécanisme sans le rattacher à une numérotation d’articles précise.

La première règle est la garantie de viabilisation : lorsque le promoteur entend transmettre, vendre ou louer des lots ou des unités avant d’achever la totalité des travaux d’infrastructure ou de viabilisation, il doit consentir au bénéfice de la commune une caution ou garantie calculée en pourcentage du budget de ces travaux, et avant la municipalisation il doit en outre garantir les vices cachés de la viabilisation. L’objectif est que voiries, réseaux et équipements soient achevés conformément à ce qui a été approuvé, même si le promoteur cesse de payer. Pour l’acheteur, la question opérationnelle est simple : la caution existe-t-elle, quelle est la compagnie de caution, quel est le montant garanti et auprès de quelle trésorerie municipale a-t-elle été constituée ? Un promoteur qui vend des lots ou des unités d’une résidence en chantier et ne peut pas produire cette police vend en dehors du schéma exigé par la loi de l’État.

La seconde règle concerne la publicité : lorsque des lots sont proposés à la vente, la publicité doit faire référence à la licence du lotissement, de l’ensemble urbain ou de la copropriété et à l’autorisation de vente délivrée par la mairie. Elle s’applique aux lots des développements résidentiels et des résidences fermées — très fréquents à Tulum, Puerto Aventuras et sur le corridor vers Akumal — et constitue un excellent thermomètre du respect des règles par le promoteur : une annonce qui n’identifie ni la licence ni l’autorisation municipale de vente vous dit, avant tout rendez-vous, quelle importance le vendeur accorde au cadre normatif. Si vous achetez un terrain plutôt qu’un appartement, le guide sur les terrains à vendre à Tulum et dans la Riviera Maya approfondit les ejidos, le dominio pleno et les divisions parcellaires.

La même loi, dans ses définitions, décrit le promoteur comme la personne physique ou morale qui, en qualité de propriétaire ou avec l’autorisation de celui-ci, sollicite, promeut ou réalise une opération d’aménagement, et définit la municipalisation comme l’acte formel de remise-réception à la mairie des biens à destination publique du développement — voiries, réseaux, terrains de cession. Demandez à quel stade se trouve le développement où se situe votre lot : une résidence non municipalisée maintient les copropriétaires dans le paiement de services qui devraient être publics, et la promesse que « la mairie va bientôt les reprendre » dépend d’attestations d’achèvement des travaux que le promoteur doit produire.

Le régime de copropriété : pourquoi « c’est en cours » ne suffit pas

Lorsque vous achetez un appartement sur plan, ce qui finit par être inscrit à votre nom est un lot de propriété exclusive au sein d’un régime de propriété en copropriété. Ce régime n’existe pas tant que le promoteur ne l’a pas constitué par acte notarié et inscrit. La Ley de Propiedad en Condominio de Inmuebles del Estado de Quintana Roo en régit le processus avec précision.

Pour constituer le régime devant l’autorité municipale, le propriétaire doit manifester sa volonté par acte notarié contenant, entre autres, le permis de construire, la description de l’immeuble et de chaque lot, la quote-part indivise et le règlement (art. 9). Pour son inscription au Registro Público de la Propiedad y del Comercio, il doit obtenir au préalable la Constancia de Compatibilidad Territorial de SEDETUS et présenter le titre de propriété, la liberté de charges, le certificat d’usage du sol municipal, le permis de construire, l’autorisation municipale du régime, l’achèvement des travaux — ou copie de la caution qui le garantit au bénéfice de la commune —, le predial (taxe foncière municipale) acquitté, la certification des mesures et limites et la fiche cadastrale (art. 4). L’acte constitutif, les contrats translatifs de propriété et les autres actes affectant la propriété de ces biens doivent être inscrits au Registro Público (art. 10).

Trois conséquences pratiques pour la pré-construction :

  1. Vous ne pouvez pas signer l’escritura de votre appartement tant que le régime n’est pas inscrit, et le régime ne peut pas être inscrit sans permis de construire, autorisation municipale et achèvement des travaux ou caution. L’avancement de ces démarches est la meilleure mesure du délai réel jusqu’à la signature, plus fiable que le pourcentage d’avancement de chantier qu’on vous communique.
  2. La quote-part indivise de votre lot — qui détermine votre voix en assemblée et votre part de charges — doit coïncider entre le contrat de pré-construction et l’acte constitutif. Demandez que le contrat la fixe, ou qu’il établisse une fourchette avec droit de résolution si elle est modifiée de façon significative.
  3. L’article 12 de la loi exige que tout contrat d’acquisition d’un lot mentionne qu’une copie simple de l’acte constitutif et du règlement de copropriété a été remise à l’acquéreur. En pré-construction, cela se traduit par une exigence dès le contrat : le projet de règlement. C’est là que se trouvent les règles sur la location saisonnière, les animaux, les usages commerciaux et la charge initiale que vous paierez dès la livraison. Le guide sur le régime de copropriété et les charges à Playa del Carmen explique comment évaluer un règlement et un budget de copropriété.

Un promoteur qui prévoit d’exploiter l’immeuble en condo-hôtel ou par l’intermédiaire de sa propre société de gestion se réserve souvent, dans le règlement, des pouvoirs étendus : gestion obligatoire pendant des années, commissions sur les loyers, surfaces commerciales exclues de l’indivision. Rien de tout cela n’est illégal si c’est convenu en toute transparence, mais cela doit figurer dans les documents avant votre signature, et non apparaître dans l’acte constitutif un an plus tard.

Structure des paiements, acomptes et où doit se trouver votre argent

L’échéancier est l’endroit où le risque d’une pré-construction se transforme en argent réel. Il convient de l’analyser à trois niveaux : combien vous payez et quand, à qui vous le payez et ce qui protège cet argent tant que l’immeuble n’existe pas.

Échéanciers habituels et ce qu’ils signifient (exemple illustratif)

À titre d’exemple illustratif et non de donnée de marché, un schéma fréquent dans la Riviera Maya combine une réservation de quelques milliers de dollars, un apport à la signature du contrat qui se situe souvent autour d’un tiers du prix, des mensualités ou des paiements par jalons de chantier pendant la construction, et un paiement final contre livraison ou signature. La proportion entre ce que vous payez pendant les travaux et ce que vous payez à la fin est votre principal levier de négociation : plus le paiement final est élevé, moins vous êtes exposé au risque d’exécution. Un schéma qui exige quatre-vingts ou quatre-vingt-dix pour cent du prix avant même que la structure n’existe transfère la quasi-totalité du risque à l’acheteur.

La LFPC exige que les options de paiement soient présentées avec le montant total à payer dans chacune (art. 73 BIS, fr. IX), que le prix soit exprimé en monnaie nationale même s’il l’est aussi en dollars (art. 73 TER, fr. V) et que, à défaut de taux de change convenu, celui du lieu et de la date de paiement s’applique. Sur un marché qui affiche en dollars et facture en pesos, un acheteur qui raisonne en euros ou en dollars canadiens subit deux conversions successives : la clause de taux de change peut déplacer le prix final de façon significative. Exigez-la par écrit, et demandez explicitement quel taux de référence est retenu et à quelle date il se cristallise.

Acomptes et réservations : la règle de la NOM-247

Le point 4.4 de la NOM-247 oblige le fournisseur à remettre un justificatif pour l’acompte et à informer, avant de le recevoir, qu’il s’imputera sur le prix, quels droits et obligations il crée, et quels sont les mécanismes, conditions, délais et pénalités de restitution, laquelle doit s’effectuer par le même moyen de paiement. Une réservation « non remboursable » par définition, sans délai pour examiner les documents, est contraire à l’esprit de la norme et constitue une pratique à refuser : le raisonnable est une réservation remboursable pendant une période d’examen documentaire, qui devient ferme une fois que vous avez vérifié les permis et le contrat.

À qui payer : société, fideicomiso ou escrow

La règle la plus simple et la plus ignorée : payez uniquement la personne morale qui signe le contrat et qui est propriétaire du terrain, ou le fiduciaire du fideicomiso qui l’est. Jamais le compte personnel du dirigeant, une « société de commercialisation » distincte du propriétaire, un courtier ou une société à l’étranger « pour des raisons fiscales ». Chaque maillon que vous ajoutez entre votre argent et le titulaire du terrain est un maillon qui peut se rompre.

Deux structures améliorent substantiellement la protection de l’acheteur :

  • Compte escrow ou dépôt de garantie auprès d’un tiers indépendant, qui libère les fonds au promoteur contre des jalons de chantier vérifiés. C’est courant lorsque le vendeur travaille avec des acheteurs des États-Unis et du Canada, et c’est détaillé dans le guide sur l’escrow et les paiements sécurisés pour acheter au Mexique.
  • Fideicomiso d’administration et de garantie : le terrain et les flux de la pré-construction sont apportés à une fiducie confiée à une institution fiduciaire autorisée, qui administre les ressources selon un budget et des fins déterminés et qui, dans les meilleurs montages, ne libère de l’argent au constructeur que contre des avancements certifiés par un contrôleur indépendant.

Fideicomiso d’administration et de garantie : ce qu’il est et ce qu’il n’est pas

La Ley General de Títulos y Operaciones de Crédito définit le fideicomiso comme l’acte par lequel le constituant transmet à une institution fiduciaire la propriété ou la titularité de biens ou de droits pour les affecter à des fins licites et déterminées (art. 381), et prévoit que seules peuvent être fiduciaires les institutions expressément autorisées par la loi (art. 385). Une fiducie de développement bien construite signifie que le terrain n’est plus au bilan du promoteur — et ne répond donc pas de ses dettes générales — et que vos versements entrent dans un patrimoine affecté à la construction de cet immeuble précis.

Ce qu’elle ne signifie pas : que le projet sera achevé. Le fiduciaire administre ; il ne construit pas et ne garantit pas. C’est pourquoi vous devez lire le contrat de fiducie, ou au moins son extrait : qui est le fiduciaire, qui donne les instructions de paiement, quel comité technique décide, s’il existe un contrôleur de chantier indépendant, ce qu’il advient des fonds si le chantier s’arrête, et si les acheteurs sont bénéficiaires en second rang avec droit à restitution. Une « fiducie » dont le promoteur est à la fois constituant, bénéficiaire et unique donneur d’ordre est un compte bancaire avec un nom élégant.

Cette fiducie de développement est distincte du fideicomiso de zone restreinte dont un acheteur étranger a besoin pour acquérir un bien dans la bande côtière. Les deux peuvent coexister : l’immeuble se construit sous une fiducie d’administration et, au moment de la signature, votre appartement est transmis à la banque fiduciaire de votre propre fideicomiso. Le fonctionnement, les coûts et les permis de ce second instrument sont expliqués dans le guide du fideicomiso, la fiducie bancaire pour acheteurs étrangers.

Financement du promoteur et crédit-relais de construction

Si le promoteur vous propose un financement direct, la NOM-247 l’oblige à indiquer le prix comptant, le nombre et la périodicité des paiements, le taux, les commissions et le droit de remboursement anticipé (point 5.6.8), et la LFPC lui impose de détailler le type de crédit et l’échéancier prévisionnel (art. 73 BIS, fr. X). Demandez également comment le chantier est financé : un crédit-relais de construction accordé par une banque mexicaine implique qu’un établissement a mené sa propre analyse du projet et supervise les avancements, ce qui est un signal positif ; mais il implique aussi une hypothèque sur le terrain, qui devra être levée lot par lot au moment des signatures. L’article 73 BIS, fr. II, exige d’informer sur ces charges et qu’elles soient levées lors de la signature de votre escritura. Les solutions de crédit pour l’acheteur sont comparées dans le guide des crédits immobiliers et du financement pour étrangers au Mexique.

Le contrat : promesse de vente, contrat d’adhésion et clauses décisives

Dans la Riviera Maya coexistent trois instruments : la lettre d’intention ou réservation, le contrat de promesse de vente ou contrat d’adhésion de pré-construction, et l’acte notarié définitif devant notario público. C’est dans le deuxième que vous vivez pendant un, deux ou trois ans, et il mérite une lecture professionnelle. Voici les clauses qui déterminent votre position.

Objet déterminé

Lot identifié par son numéro, son niveau, sa surface privative et de terrasse, sa place de stationnement, son cellier et sa quote-part indivise, avec plans et descriptif de finitions annexés et signés. Tolérance de surface définie — une petite variation est normale sur un chantier — avec ajustement de prix proportionnel et droit de résolution sans pénalité si la réduction dépasse un seuil convenu. Les clauses de « matériaux équivalents » doivent se limiter à une marque et une qualité comparables, non à n’importe quel substitut.

Prix, devise et échéancier

Prix total, modalités de paiement et débours additionnels (art. 73 TER, fr. VII) ; monnaie nationale et règle de taux de change (fr. V) ; échéancier avec des dates ou des jalons vérifiables. Si l’échéancier est adossé à des jalons de chantier, définissez qui certifie le jalon et ce qui se passe en cas de retard : vous ne devriez pas payer la dalle du quatrième étage parce que le calendrier le dit, si la dalle n’existe pas.

Date de livraison, tolérance et pénalités réciproques

La date de livraison doit être une date, pas « approximativement le second semestre ». L’article 73 TER, fr. XII, exige de fixer la date de livraison et n’exonère le fournisseur que s’il établit pleinement un cas fortuit ou une force majeure l’affectant directement. La NOM-247 ajoute que le retard génère une pénalité contractuelle ou des dommages et intérêts. Les contrats sérieux prévoient une période de grâce délimitée — quelques mois — au terme de laquelle court une pénalité exprimée en pourcentage du prix ou des sommes versées, par mois de retard, ainsi qu’un retard maximal au-delà duquel l’acheteur peut résoudre le contrat avec restitution intégrale majorée de la pénalité.

La loi exige que les pénalités soient « réciproques et équivalentes » (LFPC, art. 73 TER, fr. IX ; NOM-247, point 6, fr. XI). Si le contrat vous pénalise à hauteur de vingt pour cent en cas de retard d’une mensualité et pénalise le promoteur par « une prorogation sans responsabilité », la clause viole ce principe. Le Code civil du Quintana Roo permet par ailleurs au juge de réduire la clause pénale lorsque l’obligation a été partiellement exécutée ou que la pénalité est manifestement excessive (art. 291), et prévoit que le créancier n’a pas à prouver de préjudice pour l’exiger (art. 290).

Force majeure : délimitée, non générique

Ouragans, pandémies et changements réglementaires ont été invoqués dans la Riviera Maya comme causes de retard. La clause de force majeure doit énumérer des événements concrets, exiger une notification écrite dans un délai, limiter l’extension au temps strictement affecté et exclure expressément le manque de trésorerie, les difficultés avec les entreprises sous-traitantes et l’absence de permis que le promoteur devait détenir avant de vendre. La loi n’exonère que si l’événement affecte « directement le fournisseur ou le bien » (art. 73 TER, fr. XII) ; un contrat qui transforme n’importe quel contretemps en force majeure est rédigé pour ne pas être exécuté.

Modifications du projet et des parties communes

Réservez la faculté de modifier parties communes ou prestations aux seules exigences de l’autorité, avec obligation de substitution équivalente et droit de résolution si une prestation essentielle est supprimée. La piscine sur le toit, la salle de sport et le club de plage font partie du prix que vous payez ; ils doivent faire partie du contrat.

Cession de droits

Beaucoup d’acheteurs sur plan envisagent de revendre avant la livraison. Vérifiez si le contrat autorise la cession, avec quelle commission et si elle requiert le consentement du promoteur. Gardez à l’esprit que la cession des droits d’un contrat de promesse a des effets fiscaux pour le cédant, et que le cessionnaire hérite de vos obligations comme de vos risques.

Annulation et restitution

La LFPC exige une procédure d’annulation avec ses implications (art. 73 TER, fr. XI) et la NOM-247 oblige à informer des délais et pénalités de restitution. Distinguez trois scénarios : annulation imputable au promoteur (restitution intégrale majorée de la pénalité, dans un délai bref) ; annulation imputable à l’acheteur (retenue raisonnable, non disproportionnée, sur les sommes versées) ; et annulation pour impossibilité réglementaire (refus de licence ou de MIA), qui devrait être traitée comme imputable au promoteur, puisqu’il s’agit d’un risque qu’il devait avoir levé. Fixez le délai de restitution en jours, et non « quand le lot aura été revendu ».

Arras et clause pénale dans le Code civil du Quintana Roo

Si le contrat qualifie la réservation d’arras (arrhes), le Code civil de l’État dispose que si celui qui les a versées n’exécute pas, la contrepartie peut résoudre le contrat et les conserver, et que si c’est celui qui les a reçues qui n’exécute pas, l’autre peut exiger la résolution ou l’exécution et la restitution des arras « majorée d’autant », en plus des dommages et intérêts (art. 296). Cette réciprocité légale est un bon étalon pour négocier la pénalité du promoteur.

Compétence, langue et juridiction

Le contrat enregistré doit attribuer compétence administrative à PROFECO (LFPC, art. 86) et être rédigé en espagnol, cette version prévalant sur toute traduction (art. 73 TER, fr. II). Si vous êtes étranger et signez une version en français ou en anglais, demandez la version espagnole enregistrée et faites confirmer par un avocat qu’elles concordent. Les clauses d’arbitrage privé à l’étranger, ou de renonciation à PROFECO, sont des signaux d’alerte.

Garanties après livraison dans le contrat lui-même

Même si la garantie de cinq, trois et un an est légale et joue quand bien même le contrat ne la mentionnerait pas, il est préférable de l’y incorporer expressément, avec la procédure de réclamation, les délais de réponse et l’identification du débiteur — société venderesse, entreprise de construction, ou les deux solidairement. Une société de projet qui se dissout après avoir vendu le dernier lot laisse la garantie sans débiteur ; exigez que la maison mère ou le constructeur s’obligent solidairement.

Comment vérifier le promoteur : historique, livraisons et structure sociétaire

Le projet peut détenir tous les permis et échouer malgré tout à cause de son promoteur. La vérification du promoteur est distincte de celle du bien, et elle se fait avec des sources externes.

Identifiez la personne morale réelle

La marque commerciale affichée sur la palissade n’est pas celle qui signe. Demandez la raison sociale exacte, son RFC (numéro d’identification fiscale mexicain), ses statuts et les pouvoirs de la personne qui signera le contrat, et vérifiez que cette même société est propriétaire du terrain au folio real. Dans la Riviera Maya, il est habituel que chaque projet soit porté par une société de projet dédiée ; ce n’est pas illégitime, mais cela signifie que la réputation du « groupe » ne répond pas juridiquement de votre contrat, sauf si la maison mère signe comme codébiteur solidaire ou caution. Vérifiez aussi que la société est inscrite au Registro Público de Comercio et que les pouvoirs ne sont pas révoqués.

Consultez les sources publiques de PROFECO

Dans le Buró Comercial de PROFECO (burocomercial.profeco.gob.mx), vous pouvez rechercher par nom commercial ou raison sociale le nombre de plaintes reçues, leur état et les principaux motifs de réclamation. Dans le Registro Público de Contratos de Adhesión, vous vérifiez si le contrat est enregistré et sous quelle raison sociale. L’absence d’enregistrement et la présence de plaintes pour inexécution de livraison sont deux données objectives qu’aucune plaquette ne contredit.

Vérifiez des livraisons passées, pas des promesses

Demandez la liste des projets livrés avec adresse, année de livraison promise et année réelle. Visitez-en au moins deux : observez l’état de la construction trois ou cinq ans plus tard, parlez au syndic et aux copropriétaires des délais, des vices cachés, de la réponse aux garanties et de la question de savoir si le promoteur contrôle encore la gestion. Consultez au Registro Público le folio de ces immeubles : le régime de copropriété a-t-il été inscrit ? Les lots ont-ils été mis au nom des acquéreurs, ou restent-ils au nom du promoteur ? Un promoteur avec trois projets « livrés » mais sans régimes inscrits a un problème dont vous hériterez.

Capacité économique et financement du chantier

La NOM-247 exige du fournisseur une capacité économique suffisante pour honorer réclamations et bonifications (point 4.6). Vous n’avez pas le droit d’auditer ses états financiers, mais vous pouvez demander comment le chantier est financé : fonds propres, crédit-relais bancaire, fiducie alimentée par les flux de pré-construction, ou un mélange. Un projet qui dépend à cent pour cent des flux de pré-construction pour se construire est, par définition, un projet dont le calendrier dépend du rythme des ventes — et sur un marché à forte offre, ce rythme peut chuter.

L’équipe technique

Qui est le constructeur, qui est le Director Responsable de Obra, qui est le contrôleur externe s’il y en a un, quel architecte signe le projet. Les entreprises et experts ayant un parcours à Solidaridad et à Tulum ont des licences, des inscriptions municipales et des ouvrages que l’on peut visiter. Les silences sur ce point coïncident généralement avec les silences sur les permis.

Les commerciaux et courtiers qui vous vendent

La NOM-247 exige que le commercial dispose d’une carte délivrée par le fournisseur et prévoit que l’information qu’il vous donne est réputée autorisée par le promoteur (point 5.5). Demandez la carte et, si vous achetez par l’intermédiaire d’un courtier externe, demandez le contrat de commercialisation qui l’y autorise. Les promesses verbales — rentabilité, date de livraison, prestations — valent comme publicité au sens de l’article 32 de la LFPC, mais seul ce qui figure dans le contrat signé est facile à faire exécuter. Notre annuaire des promoteurs de la Riviera Maya réunit de l’information factuelle sur les entreprises et les projets, sans que cela implique recommandation ni affiliation.

Retards, changements de projet et que faire quand quelque chose dérape

Même avec une bonne vérification préalable, une partie des pré-constructions prend du retard. Connaître à l’avance les voies dont vous disposez évite les décisions impulsives.

Documentez dès le premier jour

Conservez tous les justificatifs de paiement, le contrat enregistré et ses annexes, la publicité sur la base de laquelle on vous a vendu (captures datées du site, plaquettes, images de synthèse, messages du commercial), les rapports d’avancement et toute communication écrite. La publicité est opposable : l’article 7 de la LFPC oblige le fournisseur à respecter prix, garanties, délais, dates et « autres conditions applicables » qu’il a proposés, et l’article 32 exige qu’elle soit véridique et vérifiable.

Mise en demeure

Face à un retard dépassant la tolérance convenue, adressez une mise en demeure écrite avec accusé de réception, exigeant l’application de la pénalité contractuelle et fixant un délai. Beaucoup de promoteurs règlent à ce stade, sachant que l’étape suivante est publique.

Plainte auprès de PROFECO et conciliation

L’article 99 de la LFPC permet de présenter la réclamation par écrit, oralement, par téléphone ou par voie électronique, à titre individuel ou collectif — les acheteurs d’un même immeuble peuvent agir ensemble lorsqu’il y a identité de cause et de fournisseur. La Procuraduría convoque une audience de conciliation, qui doit se tenir au moins quatre jours après la notification au fournisseur et peut se dérouler à distance (art. 111). En cas d’accord, celui-ci acquiert force exécutoire ; à défaut, PROFECO peut proposer l’arbitrage ou réserver la voie judiciaire, et peut en parallèle sanctionner administrativement le fournisseur. Les bonifications de l’article 92 TER — non inférieures à vingt pour cent du prix payé — et celles de l’article 73 QUINTUS font partie du répertoire.

Voie civile

La résolution avec restitution et dommages et intérêts, ou l’exécution forcée, se demandent devant les tribunaux civils du Quintana Roo, avec l’avantage de la clause pénale convenue, qui dispense de prouver le préjudice (Code civil de l’État, art. 290). C’est une voie plus lente et plus coûteuse ; son efficacité dépend de ce que le promoteur ait un patrimoine saisissable — une raison de plus d’avoir payé la société propriétaire du terrain et non une société de commercialisation vide.

Quand le projet s’arrête complètement

Si le chantier s’arrête faute de trésorerie du promoteur, la position des acheteurs dépend du montage : avec une fiducie d’administration, les acheteurs bénéficiaires peuvent avoir le droit d’obtenir du fiduciaire la liquidation du patrimoine et une restitution avec un rang de priorité ; sans fiducie, ils sont créanciers chirographaires dans une éventuelle procédure de concurso mercantil (procédure collective mexicaine), derrière les créanciers titulaires de sûretés réelles comme la banque du crédit-relais. Un avocat spécialisé au Quintana Roo doit évaluer l’opportunité d’organiser les acheteurs dès le début de la crise.

Signaux d’alerte : ce qui doit stopper l’opération

Chacun de ces signaux justifie à lui seul de suspendre l’achat jusqu’à éclaircissement ; plusieurs réunis justifient de se retirer.

  • Le terrain n’est pas au nom de la société qui vend, ou l’antécédent est ejidal sans dominio pleno inscrit.
  • Il n’existe pas de permis de construire en cours de validité, ou celui qui existe couvre un projet différent en surface, en niveaux ou en nombre de lots.
  • Le projet est en front de mer, sur mangrove ou en forêt, et le promoteur ne montre pas de résolution d’impact environnemental ou affirme qu’il « n’en a pas besoin ».
  • La publicité portant sur des lots n’identifie ni la licence ni l’autorisation municipale de vente exigées par la Ley de Acciones Urbanísticas de l’État, ou le promoteur ne peut pas produire la caution de viabilisation alors qu’il vend avant l’achèvement des travaux.
  • Le contrat n’est pas enregistré auprès de PROFECO, ou celui qu’on vous fait signer ne coïncide pas avec le modèle enregistré.
  • Les paiements sont demandés sur des comptes de personnes physiques, de sociétés autres que la propriétaire, en espèces ou en cryptomonnaies « pour éviter les commissions ».
  • La réservation est non remboursable, sans période d’examen documentaire.
  • Pénalités asymétriques : l’acheteur perd des pourcentages élevés ; le promoteur, lui, « pourra proroger ».
  • Date de livraison indéterminée, ou clause de force majeure incluant l’absence de permis ou de financement.
  • Renonciation à PROFECO, arbitrage à l’étranger ou contrat uniquement en anglais.
  • Pression du type « il ne reste que deux lots » ou « le prix augmente lundi » avant même la remise des documents.
  • Promesses de rentabilité garantie ou de « retour sur investissement » à échéance précise ; aucun promoteur ne contrôle le taux d’occupation futur d’un marché.
  • Projets antérieurs du même groupe sans régime de copropriété inscrit, ou avec des lots encore sans escritura des années après la livraison.
  • Règlement de copropriété non communiqué, ou gestion obligatoire par le promoteur sur de longues durées avec commissions sur les loyers.
  • Le commercial n’a ni carte ni contrat de commercialisation l’autorisant.

Liste de contrôle de la pré-construction : trente vérifications

Parcourez cette liste avec votre avocat avant que la réservation ne devienne ferme. Elle est organisée par blocs pour que vous puissiez déléguer chacun d’eux.

Propriété et registre

  1. Folio real du terrain au nom de la société ou du fideicomiso vendeur.
  2. Certificat de liberté de charges récent ; identification des hypothèques de crédit-relais et engagement de mainlevée au moment de la signature.
  3. Antécédents au registre sans origine ejidal en attente de dominio pleno.
  4. Predial et, le cas échéant, redevances d’eau à jour.

Permis d’urbanisme et environnementaux

  1. Certificat ou licence d’usage du sol municipal compatible avec la densité, la hauteur et les coefficients d’occupation et d’utilisation du sol du projet.
  2. Constancia de Compatibilidad Territorial de SEDETUS.
  3. Permis de construire en cours de validité, même parcelle, même projet.
  4. Autorisation municipale du régime de copropriété ou état de la démarche.
  5. Résolution de MIA de SEMARNAT ou attestation qu’elle n’est pas requise ; concordance avec le projet vendu.
  6. Autorisation de changement d’usage du sol forestier en cas de défrichement.
  7. Concession de ZOFEMAT s’il y a front de plage ou club de plage promis.
  8. Faisabilités eau, assainissement ou station d’épuration, et énergie électrique.
  9. Caution de viabilisation prévue par la Ley de Acciones Urbanísticas de l’État lorsque des lots ou unités sont vendus avant l’achèvement de la viabilisation : police, compagnie de caution, montant et commune bénéficiaire.

Projet

  1. Projet d’exécution complet et plans validés par le DRO ; lot identifiable sur les plans.
  2. Descriptif de finitions et spécifications annexés au contrat.
  3. Quote-part indivise du lot et projet de règlement de copropriété.

Promoteur

  1. Statuts, RFC et pouvoirs en cours de validité du signataire.
  2. Concordance entre société propriétaire, société venderesse et société destinataire des paiements.
  3. Consultation du Buró Comercial de PROFECO.
  4. Consultation du contrat au Registro Público de Contratos de Adhesión.
  5. Visite de deux projets antérieurs et vérification de leurs régimes de copropriété au Registro Público.
  6. Identification du constructeur, du DRO et du contrôleur externe.
  7. Source de financement du chantier et existence d’une fiducie d’administration avec contrôleur indépendant.

Contrat et paiements

  1. Texte identique au modèle enregistré auprès de PROFECO ; version espagnole prévalente.
  2. Prix en monnaie nationale avec règle claire de taux de change ; échéancier adossé à des jalons vérifiables.
  3. Date de livraison certaine, tolérance délimitée, pénalité contractuelle réciproque et droit de résolution en cas de retard excessif.
  4. Force majeure délimitée, excluant les permis et la trésorerie du promoteur.
  5. Procédure d’annulation et délais de restitution exprimés en jours ; réservation remboursable pendant l’examen.
  6. Garanties de cinq, trois et un an avec débiteur solidaire identifié.
  7. Compte de paiement vérifié personnellement auprès du promoteur par un canal autre que le courriel, pour éviter les fraudes par usurpation.

Comment la pré-construction s’articule avec la signature notariale, la livraison et les garanties

La pré-construction se termine, si le processus aboutit correctement, par deux actes séparés dans le temps : la livraison physique du lot et la signature de l’escritura devant un notario público du Quintana Roo, avec son inscription au Registro Público. Entre les deux s’intercalent en général l’inscription du régime de copropriété et, pour les acheteurs étrangers, la constitution du fideicomiso ou l’obtention du permis correspondant.

Lors de la livraison physique, il convient de réaliser une inspection technique avec une liste de contrôle par système — plomberie, électricité, étanchéité, menuiserie, finitions — et de dresser un procès-verbal de livraison avec preuves photographiques documentant les réserves ; ce procès-verbal est le point de départ du décompte des garanties de l’article 73 QUÁTER. Le détail de la procédure figure dans le guide de la livraison d’un appartement neuf et des vices cachés.

Au moment de la signature, le notaire vérifiera le régime de copropriété inscrit, la liberté de charges du lot — la mainlevée partielle de l’hypothèque du crédit-relais, s’il y en a eu une —, le paiement de l’ISAI, l’impôt municipal sur l’acquisition d’immeubles, et les droits d’inscription, ainsi que — par pratique notariale et parce que la plupart des règlements l’exigent — une attestation d’absence de dette de charges délivrée par le syndic de la copropriété. Les coûts, délais et avis préventifs de la signature sont décrits dans le guide du processus notarial et de la signature définitive au Quintana Roo. Gardez à l’esprit que jusqu’à ce moment, votre droit sur l’appartement est personnel contre le promoteur, et non réel opposable aux tiers : le Code civil de l’État ne reconnaît le transfert de propriété qu’à compter de l’inscription.

Si vous évaluez des projets concrets, vous pouvez parcourir l’offre de programmes neufs à vendre à Tulum et de programmes neufs à vendre à Playa del Carmen et appliquer à chacun la liste de contrôle ci-dessus. Et si vous préférez que nous examinions avec votre avocat la documentation d’un projet avant que vous ne versiez la réservation, contactez-nous : la vérification du promoteur coûte une fraction de ce que coûte un acompte immobilisé dans un chantier à l’arrêt.

Questions fréquentes

Acheter sur plan à Tulum est-il plus risqué qu’à Playa del Carmen ?

Le cadre légal est le même dans les deux communes ; la différence tient au contexte. Tulum présente une proportion plus élevée de foncier d’origine ejidal, des zones de croissance récente aux règles changeantes, une couverture d’assainissement plus faible et une pression environnementale supérieure du fait de la forêt, des cenotes et de la côte, ce qui multiplie les points de la liste de contrôle susceptibles d’échouer. Playa del Carmen dispose d’un tissu urbain plus consolidé et d’une mairie — Solidaridad — comptant davantage d’années de pratique en matière de licences et de régimes de copropriété. Cela ne rend sûre aucune pré-construction à Playa, ni infaisable aucune pré-construction à Tulum : cela rend simplement plus décisive, dans la seconde, la vérification des permis environnementaux et des antécédents au registre.

Quel pourcentage du prix est-il raisonnable de payer avant la livraison ?

Il n’existe aucun pourcentage légal. Comme critère de gestion du risque, plus la part du prix payée contre livraison ou signature est élevée, moins vous êtes exposé. Un schéma qui exige la quasi-totalité du prix avant que la structure n’existe fait de vous le principal financeur du projet, sans les garanties qu’exigerait une banque. Si le promoteur dispose d’un crédit-relais ou d’une fiducie d’administration avec contrôleur indépendant, la tolérance aux paiements anticipés peut être plus grande ; sans aucune de ces structures, elle devrait être plus faible.

La garantie de cinq ans s’applique-t-elle si j’achète pour louer sur des plateformes saisonnières ?

L’article 73 de la LFPC vise les logements destinés à l’habitation. Un appartement résidentiel dans un immeuble de logements entre dans cette catégorie indépendamment du fait que le propriétaire le loue à la saison, et les promoteurs le déclarent comme logement auprès de l’autorité municipale. Le débat peut surgir pour des produits commercialisés expressément comme hôteliers ou en « condo-hôtel » sous licence commerciale ; dans ces cas, examinez avec votre avocat quel régime s’applique et exigez la garantie dans le contrat, même si la loi pourrait être discutée.

Que se passe-t-il si le promoteur modifie le projet après ma signature ?

Les modifications substantielles — surface, nombre de lots, suppression de prestations, changement d’usage — sans votre consentement constituent une inexécution du contrat et de la publicité sur la base de laquelle on vous a vendu (LFPC, art. 7 et 32). Vos options sont d’exiger l’exécution de ce qui a été promis, d’accepter le changement avec compensation, ou de résoudre le contrat avec restitution et pénalité. Plus l’objet est précis dans le contrat et ses annexes, plus votre position est forte : c’est pour cela que les plans et le descriptif de finitions doivent être signés par les deux parties.

Ai-je besoin d’un avocat en plus du notaire ?

Oui, et en pré-construction plus encore que pour l’achat d’un bien achevé. Le notaire intervient à la fin, à l’acte, et vérifie la légalité de cet acte-là ; il n’examine pas pour vous le contrat de promesse, les permis du projet ni la solvabilité du promoteur deux ans plus tôt. Un avocat rompu aux opérations immobilières du Quintana Roo fait exactement cela, et ses honoraires constituent une prime d’assurance modeste au regard des acomptes que vous allez verser.

Questions fréquentes

Quels documents un promoteur doit-il me montrer avant que je verse une réservation sur plan ?

La Ley Federal de Protección al Consumidor (loi fédérale de protection du consommateur, art. 73 BIS) oblige le promoteur à mettre à votre disposition le projet d'exécution complet et la maquette, les documents établissant la propriété du terrain et ses charges, la qualité du vendeur et son autorisation de commercialiser, les licences et permis de construire et d'usage du sol, les plans structurels et architecturaux, les options de paiement avec le montant total de chacune, les conditions de signature de l'escritura et d'annulation, ainsi que l'existence de garanties hypothécaires ou fiduciaires. La NOM-247-SE-2021 y ajoute la charte des droits et l'affichage visible du prix.

Le contrat de pré-construction doit-il être enregistré auprès de PROFECO ?

Oui. L'article 73 de la LFPC prévoit que les contrats des lotisseurs, constructeurs et promoteurs de logements doivent être enregistrés auprès de la Procuraduría, et la NOM-247-SE-2021 soumet le contrat d'adhésion de pré-construction à un enregistrement préalable. Selon l'article 87, un contrat qui devait être enregistré et ne l'a pas été ne produit aucun effet contre le consommateur, et toute différence entre le texte enregistré et celui qu'on vous remet est réputée non écrite (art. 86 QUÁTER). Vous pouvez vérifier l'enregistrement dans le Registro Público de Contratos de Adhesión de PROFECO.

Quelle garantie légale couvre un appartement neuf au Mexique ?

L'article 73 QUÁTER de la LFPC fixe une garantie minimale de cinq ans pour les éléments structurels, trois ans pour l'étanchéité et un an pour les autres éléments, comptés à partir de la livraison effective du bien. Si le défaut persiste après la mise en jeu de la garantie, l'article 73 QUINTUS prévoit des bonifications de cinq pour cent de la valeur de la réparation en cas de défaut léger et de vingt pour cent du prix du bien en cas de défaut grave, en plus de l'option de remplacement ou de résolution du contrat.

Le promoteur peut-il retarder la livraison sans payer de pénalité ?

Uniquement s'il établit pleinement un cas fortuit ou une force majeure l'affectant directement lui-même ou affectant le bien (LFPC, art. 73 TER, fr. XII). En dehors de cette hypothèse, la NOM-247-SE-2021 dispose que le retard sur la date de livraison convenue donne lieu à la pénalité contractuelle ou à une demande de dommages et intérêts, et exige que les pénalités soient réciproques et équivalentes entre acheteur et promoteur. Une période de tolérance raisonnable et définie dans le contrat est normale ; une tolérance indéfinie ou prorogeable à la seule volonté du vendeur ne l'est pas.

Qu'est-ce que le régime de copropriété et pourquoi compte-t-il pour un achat sur plan à Tulum ou Playa del Carmen ?

C'est l'acte notarié qui divise l'immeuble en lots privatifs et parties communes, avec son règlement, et qui doit être inscrit au Registro Público de la Propiedad y del Comercio du Quintana Roo. La loi de propriété en copropriété de l'État exige pour le constituer, entre autres, le permis de construire, l'autorisation municipale du régime et l'achèvement des travaux ou une caution qui le garantisse. Sans régime inscrit, votre lot ne peut pas être mis à votre nom par escritura : son avancement est donc un indicateur direct du moment où vous pourrez devenir propriétaire.

Quand un projet de la Riviera Maya a-t-il besoin d'une autorisation environnementale de SEMARNAT ?

L'article 28 de la Ley General del Equilibrio Ecológico y la Protección al Ambiente soumet à évaluation fédérale, entre autres hypothèses, les développements immobiliers affectant les écosystèmes côtiers, les travaux en zones humides, écosystèmes côtiers — mangrove comprise —, lagunes et zones fédérales, ainsi que les changements d'usage du sol en zones forestières et de forêt tropicale. Un projet en front de mer, sur mangrove ou en forêt non défrichée exige en général une Manifestación de Impacto Ambiental résolue favorablement avant de construire.

Comment vérifier l'historique d'un promoteur avant d'acheter ?

Demandez la raison sociale exacte qui signera le contrat et vérifiez ses statuts et les pouvoirs du signataire ; consultez ses plaintes dans le Buró Comercial de PROFECO et l'enregistrement de son contrat au RPCA ; visitez physiquement des projets antérieurs et parlez aux copropriétaires des délais et de la qualité de livraison ; demandez le folio real de ces projets au Registro Público pour confirmer que les régimes de copropriété ont bien été inscrits et les lots mis au nom des acquéreurs ; et confirmez que le terrain du nouveau projet est déjà au nom de la société ou du fideicomiso qui vend.

Sources et références

Liens vers les lois, règlements et organismes officiels cités dans ce guide.

  1. Ley Federal de Protección al Consumidor (texto vigente, arts. 7, 32, 73 a 73 QUINTUS, 86, 87, 92 TER, 99 y 111) — Cámara de Diputados del H. Congreso de la Unión
  2. NOM-247-SE-2021, Prácticas comerciales-Requisitos de la información comercial y la publicidad de bienes inmuebles destinados a casa habitación y elementos mínimos que deben contener los contratos relacionados — Diario Oficial de la Federación, Secretaría de Economía
  3. Ley General del Equilibrio Ecológico y la Protección al Ambiente (art. 28, evaluación del impacto ambiental) — Cámara de Diputados del H. Congreso de la Unión
  4. Trámites relacionados al tema de impacto ambiental (MIA modalidades particular y regional) — Secretaría de Medio Ambiente y Recursos Naturales, gob.mx
  5. Ley General de Títulos y Operaciones de Crédito (arts. 381 a 385, del fideicomiso) — Cámara de Diputados del H. Congreso de la Unión
  6. Código Civil para el Estado de Quintana Roo (cláusula penal, arras, compraventa de bienes futuros, Registro Público) — Congreso del Estado de Quintana Roo
  7. Ley de Propiedad en Condominio de Inmuebles del Estado de Quintana Roo — Congreso del Estado de Quintana Roo
  8. Ley de Acciones Urbanísticas del Estado de Quintana Roo — Congreso del Estado de Quintana Roo
  9. Ley de Asentamientos Humanos, Ordenamiento Territorial y Desarrollo Urbano del Estado de Quintana Roo — Congreso del Estado de Quintana Roo
  10. Registro Público de Contratos de Adhesión (RPCA) — Procuraduría Federal del Consumidor
  11. Buró Comercial — Procuraduría Federal del Consumidor
  12. Tus derechos en materia de inmuebles — Procuraduría Federal del Consumidor, gob.mx

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