Investir dans un appartement en Riviera Maya : location courte durée ou location longue durée ?
Comparatif honnête pour investir dans un appartement en Riviera Maya : occupation, ADR, coûts cachés, retenues du SAT, taxe de séjour, charges et exemple chiffré.
Par l’équipe Tu Inmueble Playa · ·
Information générale, et non un conseil juridique, fiscal ou financier. Vérifiez toujours auprès d’un notario público (notaire), d’un comptable ou d’un avocat au Quintana Roo.
Investir dans un appartement en Riviera Maya — Playa del Carmen, Tulum, Puerto Morelos, Puerto Aventuras, Akumal et le corridor qui remonte vers Cancún — est une décision que l’on prend presque toujours avec un tableur emprunté : celui du promoteur, ou celui du gestionnaire qui veut décrocher le contrat de conciergerie. Ce guide vous donne le vôtre. Il compare avec méthode les deux modèles qui se disputent le même appartement, la location courte durée à la nuitée via les plateformes et le bail d’habitation longue durée, et il le fait sans inventer un seul chiffre de marché : chaque nombre qui apparaît ici est soit une disposition légale citée, soit une hypothèse explicitement déclarée comme illustrative.
Le différenciateur est simple à énoncer et rare à trouver : on explique ici d’où sortent les hypothèses d’occupation et de tarif, quels coûts disparaissent systématiquement des brochures, comment fonctionnent les retenues que le Servicio de Administración Tributaria (SAT, l’administration fiscale fédérale mexicaine) impose aux plateformes numériques, ce que frappe la taxe de séjour du Quintana Roo, ce qu’un règlement de copropriété peut interdire, et comment se construit une comparaison honnête entre les deux modèles à partir d’un exemple méthodologique que vous pouvez refaire avec vos propres données.
Ce guide s’adresse à l’investisseur qui achète pour louer : Français, Belge, Suisse ou Québécois qui découvre le Caraïbe mexicain, ou propriétaire déjà installé qui envisage son troisième lot. Si la manière d’acquérir le bien n’est pas encore arrêtée — fideicomiso (fiducie bancaire), société mexicaine ou escritura (acte notarié) directe —, mieux vaut lire d’abord le guide sur comment acheter un bien immobilier au Mexique en tant qu’étranger et revenir ici avec la structure de détention définie, car cette structure change entièrement la fiscalité des loyers.
L’essentiel pour qui décide vite
- La location courte durée est une activité d’hébergement, opérationnelle, qui se sert d’un appartement ; la location longue durée est un placement patrimonial doté d’un flux stable. Les deux ne se ressemblent que par l’actif.
- Les deux hypothèses qui décident du résultat saisonnier sont le taux d’occupation annuel et le tarif moyen par nuit (ADR, average daily rate). Aucune des deux ne figure dans l’escritura ni dans le compromis de vente : il faut les estimer avec des preuves.
- Les coûts les plus systématiquement sous-évalués sont la gestion, l’électricité avec climatisation, les charges de copropriété, le renouvellement du mobilier et la vacance de basse saison.
- Sur le plan fiscal, les plateformes retiennent l’ISR (impôt sur le revenu) et l’IVA (TVA) à l’hôte (Ley del ISR, art. 113-A à 113-D ; Ley del IVA, art. 18-B à 18-M) ; la location d’habitation relève d’un chapitre propre (Ley del ISR, art. 114 à 118) et bénéficie généralement d’une exonération d’IVA lorsqu’il s’agit d’un logement non meublé (Ley del IVA, art. 20 fr. II).
- Le Quintana Roo frappe l’hébergement d’un impôt d’État spécifique, que les plateformes retiennent lorsqu’elles encaissent, et tient un registre des prestataires touristiques (RETUR-Q) dont vous devez confirmer le caractère obligatoire dans votre cas ; le règlement de copropriété peut restreindre ou interdire le séjour court.
- Dans l’exemple illustratif de ce guide, le modèle saisonnier l’emporte de peu avec des hypothèses prudentes et perd dès que l’occupation baisse. C’est cette sensibilité, et non la moyenne, qui constitue l’information utile.
Deux modèles économiques, décrits sans romantisme
Il faut commencer par ce que chaque modèle est réellement, parce qu’une bonne partie des déceptions en Riviera Maya naissent d’un achat pensé comme patrimonial qui finit en exploitation involontaire d’un petit hôtel.
La location courte durée : un hôtel d’une seule chambre
En location saisonnière, le propriétaire vend des nuits. Chaque réservation implique une arrivée, un départ, un ménage, un jeu de draps et de serviettes, un réassort de consommables, une communication avec le voyageur et un avis en ligne qui conditionne la réservation suivante. Le revenu dépend du calendrier touristique du Quintana Roo, de la concurrence immédiate — les autres appartements du même immeuble, les hôtels du corridor, les maisons publiées sur les mêmes plateformes — et de la qualité de l’exploitation quotidienne.
Celui qui le fait bien traite l’appartement comme un produit : photographie professionnelle, tarification dynamique par saison, temps de réponse courts, entretien préventif de la climatisation, inventaire suivi. Celui qui le fait mal délègue à un gestionnaire sans indicateurs, et découvre au bout de douze mois que le revenu net s’est logé très en dessous du brut annoncé.
Pour un propriétaire européen ou québécois, l’écart entre les deux situations tient souvent à un détail bête : la distance. Gérer à 8 000 kilomètres avec six ou sept heures de décalage suppose un mandataire fiable, un reporting mensuel lisible et un accès direct au compte de la plateforme. Sans cela, vous ne pilotez pas une exploitation, vous financez celle de quelqu’un d’autre.
La location longue durée : du patrimoine avec un locataire
Dans le bail d’habitation, le propriétaire cède l’usage du logement pour des mois ou des années contre un loyer mensuel, en principe par contrat écrit régi par le Código Civil para el Estado de Quintana Roo, avec dépôt de garantie et, très souvent, une caution personnelle (fiador) ou une autre sûreté. Le revenu est prévisible, les charges de consommation sont payées par le locataire, la gestion est légère et l’exploitation se réduit à encaisser, traiter les grosses réparations et renouveler ou résilier le bail. Dans les contrats annuels, il est d’usage de prévoir une révision du loyer au renouvellement selon l’Índice Nacional de Precios al Consumidor (INPC, l’indice des prix à la consommation publié par l’INEGI) : le flux est ainsi protégé contre l’inflation sans dépendre d’une renégociation chaque année.
Ses risques sont d’une autre nature : vacance entre deux locataires, impayés, usure non réparée, hausses de loyer plafonnées de fait par le marché local, et une relation juridique qui, lorsqu’elle se rompt, se règle devant un tribunal et non par une annulation dans une application. Le guide sur le bail de location longue durée au Quintana Roo détaille les clauses, les garanties et la procédure.
Modèles hybrides et moyenne durée
Entre les deux extrêmes, la Riviera Maya offre des options réelles : louer à la saison à des nomades numériques et à des cadres en mission qui restent d’un à six mois, alterner haute saison touristique et contrats de moyenne durée sur les mois creux, ou orienter le logement vers le personnel des hôtels et des entreprises avec des contrats corporate. Chaque formule hybride hérite d’une partie des coûts de l’hébergement et d’une partie de la stabilité du bail, et hérite aussi d’une fiscalité que votre contador doit qualifier au cas par cas : la frontière entre « hébergement avec services » et « mise à disposition temporaire d’un immeuble » a des conséquences directes en ISR et en IVA.
C’est souvent la formule qui parle le plus aux acheteurs francophones qui gardent quelques semaines d’usage personnel : deux ou trois séjours par an en février et en novembre, une exploitation saisonnière sur la haute saison, et un contrat de moyenne durée pour absorber septembre et octobre. Elle a un mérite comptable évident et un défaut fiscal tout aussi évident : elle mélange deux régimes, et le mélange doit être arbitré avant, pas après.
Où chaque modèle fonctionne en Riviera Maya
Le même appartement ne rend pas la même chose à Playacar et dans la colonia Ejidal, ni à Aldea Zama et dans le centre de Tulum. La géographie tranche la question du modèle avant n’importe quel tableur.
Playa del Carmen (municipalité de Solidaridad)
Playa del Carmen est le marché le plus profond et le plus liquide du corridor : elle reçoit un tourisme international par l’aéroport international de Cancún, un tourisme de croisière via Cozumel, et compte une population résidente nombreuse qui travaille dans l’hôtellerie, les services et le commerce. Cette combinaison permet aux deux modèles de coexister.
La location saisonnière se concentre dans les secteurs où l’on marche jusqu’à la mer et jusqu’à la Quinta Avenida : le Centro, Gonzalo Guerrero, Zazil-Ha, le corridor de l’avenue Constituyentes et Playacar, avec ses phases résidentielles et son golf. La location longue durée trouve une demande soutenue dans les quartiers pourvus en services et bien reliés à la route fédérale : Ejidal, Colosio, les abords de l’avenue CTM, et, sur le segment haut, de nouveau Playacar et les résidences à prestations situées entre la Quinta et la fédérale. Vous pouvez parcourir l’offre actuelle d’appartements à vendre à Playa del Carmen pour calibrer les prix par secteur avant de modéliser.
Tulum
Tulum est le marché le plus volatil et celui qui génère le plus de promesses de rentabilité. Aldea Zama, La Veleta, la Región 15 et les programmes du corridor vers l’aéroport international de Tulum « Felipe Carrillo Puerto » sont nés pour la location saisonnière : l’offre est majoritairement neuve, meublée par conception, et vendue accompagnée de projections d’occupation. Ici, la vraie question n’est pas de savoir s’il y a des touristes, mais combien d’appartements se disputent les mêmes touristes dans le même rayon avec le même produit.
La location longue durée existe à Tulum et progresse avec la population qui vient y travailler, mais le stock d’appartements pensés pour elle reste plus mince, et les prix d’achat sont fixés par le modèle saisonnier, ce qui comprime mécaniquement le rendement du bail. L’investisseur qui achète à Tulum pour louer à l’année doit valider ce loyer sur des annonces réelles, jamais sur le pourcentage fourni par le promoteur. L’offre d’appartements à vendre à Tulum montre bien la dispersion des prix d’un quartier à l’autre.
Cancún et Puerto Morelos (municipalités de Benito Juárez et Puerto Morelos)
Cancún est la ville la plus peuplée du Quintana Roo et, de ce fait, le marché naturel du bail longue durée : familles, cadres, personnel de l’aéroport et de la Zona Hotelera y entretiennent une demande constante dans les supermanzanas consolidées, à Residencial Cumbres, sur le corridor de l’avenue Huayacán et à Puerto Cancún. La location saisonnière en appartement se concentre dans la Zona Hotelera, à Puerto Cancún et à Puerto Juárez, en concurrence frontale avec un parc hôtelier considérable.
Puerto Morelos, à mi-chemin, forme un marché plus petit et plus calme, avec une demande touristique de profil familial et de plongée, et une demande résidentielle de personnes qui travaillent à Cancún mais préfèrent un village côtier.
Puerto Aventuras et Akumal
Ce sont deux marchés de niche. Puerto Aventuras, avec sa marina et son statut de communauté fermée à l’intérieur de la municipalité de Solidaridad, attire une location saisonnière de séjours plus longs et une location à l’année de résidents étrangers. Akumal, dans la municipalité de Tulum, est essentiellement touristique et très sensible à la qualité de la plage et à la présence de sargasses. Dans ni l’un ni l’autre il ne faut appliquer un taux d’occupation de marché urbain.
Les hypothèses qui décident de tout : occupation, ADR et saisonnalité
La rentabilité saisonnière est le produit de deux nombres — nuits vendues et tarif moyen — diminué des coûts. Tout le reste est du détail. La première discipline de l’investisseur consiste donc à refuser ces deux nombres tant qu’ils ne sont pas étayés.
Comment estimer occupation et ADR sans rien inventer
Le taux d’occupation est le pourcentage des nuits de l’année effectivement vendues ; l’ADR est le revenu par nuit vendue, remises et promotions déduites mais commissions non déduites. Leur produit, rapporté aux nuits disponibles, s’appelle le RevPAR, et c’est l’indicateur qui compte vraiment : combien l’appartement encaisse par nuit disponible, qu’elle soit occupée ou non.
Pour les estimer sans fabuler, suivez quatre étapes. D’abord, identifiez entre dix et vingt annonces comparables, dans le même secteur et du même type (nombre de chambres, prestations, distance à la mer), et relevez leurs tarifs par saison ainsi que leurs calendriers pendant plusieurs semaines ; les calendriers bloqués sont une approximation imparfaite mais utile de l’occupation. Ensuite, demandez au gestionnaire des relevés de compte réels de lots comparables, anonymisés, incluant les bons et les mauvais mois : un gestionnaire sérieux en dispose. Troisièmement, retranchez de l’ADR observé les remises de séjour long et les mois où le logement se louera sous le tarif affiché pour remplir le calendrier. Enfin, appliquez une décote de montée en régime : un logement neuf sans avis ne se vend pas comme un logement établi pendant ses premiers mois.
Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est prendre le taux d’occupation moyen de la destination publié par l’industrie hôtelière et l’appliquer à votre appartement. Les hôtels disposent d’une force de vente, de canaux de distribution grossistes et de grilles tarifaires qu’un appartement isolé ne reproduit pas.
La saisonnalité du Caraïbe mexicain
La haute saison de la Riviera Maya coïncide avec l’hiver nord-américain : de la mi-décembre à Pâques, avec des pics à Noël, au Nouvel An et pendant les vacances de printemps. L’été amène le tourisme national et européen en juillet et en août — c’est d’ailleurs la fenêtre où arrivent la plupart des voyageurs français, belges et suisses. Septembre et octobre sont, année après année, les mois les plus creux, et novembre est un mois de transition.
Un modèle sérieux n’utilise pas un taux d’occupation annuel plat. Il construit douze mois avec des occupations et des tarifs différents, puis additionne. Cette courbe révèle ce que la moyenne dissimule : l’appartement qui facture très bien en janvier peut rester vide trois semaines d’affilée en septembre, pendant que les charges de copropriété, l’abonnement électrique et la connexion internet continuent, eux, de se payer.
Sargasses et ouragans comme variables économiques
L’échouage de sargasses est un phénomène récurrent sur la côte du Quintana Roo. Le secrétariat mexicain à la Marine (SEMAR), qui coordonne chaque année la stratégie avec le gouvernement de l’État, les municipalités et le secteur privé, situe le cycle d’arrivage entre avril et octobre et y répond par des barrières de confinement, des navires ramasseurs et une collecte sur la plage. Pour l’investisseur, ce n’est pas un débat environnemental mais une variable de chiffre d’affaires : lors d’une année d’échouage intense, les appartements dont l’annonce vend « la plage » subissent des annulations et une pression sur le tarif, tandis que ceux qui vendent un cenote, la jungle, une piscine ou la vie urbaine le ressentent nettement moins.
La saison cyclonique atlantique court de juin à novembre et recouvre la basse saison. Le risque direct — les dommages — se gère par l’assurance et par un fonds de réserve propre ; le risque indirect — une semaine d’aéroport fermé et des annulations massives — se gère en pénalisant l’occupation attendue de ces mois dans le modèle, et en refusant de supposer qu’une année normale est une année moyenne.
Coûts d’exploitation : ce que la brochure ne montre pas
Le revenu brut vend des appartements ; le revenu net les rend rentables. Voici les postes qui, le plus souvent, manquent ou apparaissent sous-évalués dans les projections qui circulent en Riviera Maya.
Gestion et commissions de plateforme
En location saisonnière, le gestionnaire professionnel facture habituellement un pourcentage du revenu brut, auquel s’ajoutent des frais de ménage, de gestion des arrivées ou de petit entretien selon le contrat. Les plateformes prélèvent en outre leurs propres commissions, à l’hôte, au voyageur, ou aux deux, et la structure retenue modifie à la fois le tarif que voit le voyageur et le montant que vous recevez. Exigez le contrat de gestion intégral, pas un résumé commercial, et modélisez votre tarif en « net de plateforme ».
En location longue durée, la gestion se résume généralement à une commission de mise en location — souvent l’équivalent d’un mois de loyer — plus, si vous la souscrivez, une petite commission mensuelle d’encaissement et de suivi. La Ley de Prestación de Servicios Inmobiliarios del Estado de Quintana Roo encadre ceux qui fournissent des services immobiliers d’intermédiation et de gestion et prévoit leur enregistrement auprès de l’autorité de l’État ; vérifier que votre gestionnaire s’y conforme est un contrôle minimal et gratuit.
Charges de copropriété et fonds de réserve
Les appartements de la Riviera Maya vivent sous le régime de la copropriété. La charge de maintenance paie la sécurité, la piscine, les ascenseurs, l’entretien des espaces verts, l’eau des parties communes et l’administration ; le fonds de réserve paie l’extraordinaire. Dans les immeubles à prestations de type resort, cette charge peut constituer le premier poste fixe de l’année, et elle se paie que le logement soit occupé ou vide.
Deux avertissements pratiques. Premier : les charges annoncées en prévente augmentent presque toujours lorsque l’immeuble entre en exploitation réelle et que le budget rencontre les coûts véritables. Second : un immeuble avec une forte proportion de lots exploités en saisonnier use davantage les parties communes et finit généralement avec des charges plus élevées ou des appels de fonds extraordinaires. Le guide sur le régime de copropriété et les charges à Playa del Carmen explique quels documents réclamer et comment lire un budget de copropriété.
Électricité et climatisation
Au Quintana Roo, la climatisation est le coût variable dominant. La Comisión Federal de Electricidad (CFE, l’opérateur électrique national) applique des tarifs domestiques subventionnés par tranches de consommation et, lorsque la consommation moyenne dépasse le plafond du tarif correspondant, reclasse l’abonnement en Tarifa Doméstica de Alto Consumo (DAC), sans subvention et nettement plus chère. Un appartement touristique dont les voyageurs laissent la climatisation tourner toute la journée bascule facilement en DAC, et c’est le propriétaire qui règle la facture. En location longue durée, la facture est au nom du locataire : cela explique une bonne part de l’écart structurel entre les deux modèles.
Les mesures qui fonctionnent vraiment : équipements inverter, thermostats à consigne plafonnée, détecteurs de présence, étanchéité des menuiseries, et une politique de refacturation de l’énergie dans le règlement intérieur du logement lorsque la plateforme le permet.
Ménage, blanchisserie, consommables et renouvellement
Chaque rotation coûte : ménage, blanchisserie du linge, produits d’accueil, café, eau, et l’usure que personne ne remplace — matelas, canapés, vaisselle, téléviseurs, serrures électroniques. Dans un modèle prudent, on provisionne chaque année un pourcentage de la valeur du mobilier pour son remplacement, et l’on admet que l’équipement complet se renouvelle par cycles. Ce mobilier est en outre du capital immobilisé que la location longue durée non meublée n’exige pas.
Assurances, predial, eau et internet
Le predial (taxe foncière municipale annuelle) est perçu par la municipalité, généralement avec une remise pour paiement anticipé dans les premiers mois de l’année ; c’est un coût modéré mais réel. À Solidaridad, l’eau est distribuée par un concessionnaire et facturée à la consommation. Une connexion internet de qualité est indispensable dans les deux modèles, et en saisonnier elle est à la charge du propriétaire. L’assurance doit couvrir les dommages au bien, le contenu et la responsabilité civile envers les tiers, et il faut impérativement déclarer à l’assureur l’usage d’hébergement pour éviter une exclusion au moment du sinistre — c’est un réflexe que les propriétaires européens oublient souvent, habitués à des contrats d’habitation qui couvrent large.
Vacance, impayés et usure en longue durée
La location longue durée a ses propres coûts silencieux : un à deux mois de vacance entre deux locataires, la peinture et les réparations au changement, le risque d’impayé et le coût d’une procédure judiciaire d’expulsion si la relation se dégrade. On les atténue par une sélection rigoureuse, des garanties adaptées, un contrat bien rédigé et, si le profil le justifie, une police juridique de location. Le guide pour louer un appartement à Playa del Carmen décrit le processus du point de vue du locataire, ce qui aide à comprendre les exigences réelles du marché local.
Fiscalité : ISR, IVA, retenues des plateformes et RFC
C’est ici que se loge la différence la moins visible et la plus coûteuse entre les deux modèles. Ce qui suit est une information générale fondée sur la législation fédérale en vigueur ; son application à votre cas concret relève d’un contador (expert-comptable mexicain), car elle dépend de votre résidence fiscale, de la structure de détention et du volume de revenus.
Personne physique résidente au Mexique : location ou activité d’entreprise
La Ley del Impuesto sobre la Renta consacre son chapitre III du titre IV (articles 114 à 118) aux revenus des personnes physiques tirés de la mise à disposition temporaire d’immeubles. Elle permet de déduire les dépenses réelles du bien — predial, entretien, intérêts réels des crédits, primes d’assurance, salaires, investissements dans les constructions — ou, à la place, d’opter pour une déduction forfaitaire sans justificatifs équivalente à 35 % des revenus, majorée du predial payé (article 115). Les acomptes sont mensuels, avec option trimestrielle lorsque les loyers mensuels ne dépassent pas le seuil fixé par la loi elle-même (article 116) ; si le locataire est une personne morale, celle-ci retient 10 % d’ISR sur le loyer.
Lorsque le propriétaire fournit un hébergement avec services — ménage pendant le séjour, linge, accueil, prestations —, l’administration peut considérer qu’il exerce une activité d’entreprise et non une simple location, avec un régime différent de déductions et d’obligations. La loi prévoit par ailleurs le Régimen Simplificado de Confianza pour les personnes physiques dont les revenus annuels ne dépassent pas 3,5 millions de pesos (article 113-E), qui applique des taux réduits sur le revenu brut sans déductions, y compris aux revenus locatifs ; sa compatibilité avec des revenus perçus via des plateformes obéit à des règles spécifiques à examiner avec votre contador. Le choix du régime est une décision fiscale de premier ordre, à prendre avant de louer la première nuit.
Les retenues des plateformes numériques
Depuis 2020, la Ley del ISR (articles 113-A à 113-D) et la Ley del IVA (articles 18-B à 18-M) obligent les plateformes technologiques qui intermédient des services d’hébergement à retenir l’impôt aux personnes physiques qui les fournissent. Les paramètres en vigueur sont les suivants.
| Élément | Avec RFC communiqué à la plateforme | Sans RFC |
|---|---|---|
| Retenue d’ISR sur le revenu d’hébergement (hors IVA) | 4 % | 20 % |
| Retenue d’IVA sur la taxe facturée (16 %) | 50 %, soit 8 points | 100 %, soit les 16 points |
| Nature de la retenue | Acompte imputable, ou option de paiement définitif | Paiement définitif |
L’option consistant à considérer les retenues comme des paiements définitifs existe pour qui perçoit uniquement des revenus de plateformes — ou en plus des salaires et des intérêts — sans dépasser 300 000 pesos par an (article 113-B), et s’exerce par un avis déposé auprès du SAT. Celui qui la retient renonce à déduire ses charges, ce qui convient rarement à un appartement supportant des charges de copropriété, une gestion et une facture d’électricité élevées ; celui qui ne la retient pas impute les retenues sur ses acomptes et déclare ses déductions. Dans les deux cas, l’hôte doit s’immatriculer au RFC (Registro Federal de Contribuyentes, le numéro fiscal mexicain), disposer de la e.firma (signature électronique fiscale) et émettre des factures électroniques ; celui qui n’exerce pas l’option de paiement définitif doit en outre tenir une comptabilité et déposer des déclarations. Opérer « sans se déclarer » n’est pas seulement une infraction : cela coûte de l’argent chaque mois, via la retenue de 20 %.
L’IVA mérite une note à part. L’hébergement est taxé à 16 %, et l’exonération prévue à l’article 20 fraction II de la Ley del IVA pour le logement d’habitation ne s’applique ni aux biens meublés ni à ceux destinés à l’hébergement. Autrement dit, un appartement meublé loué à l’année peut lui aussi être soumis à l’IVA, alors que le même appartement non meublé et affecté à l’habitation en est exonéré. C’est l’une des raisons pour lesquelles la fiscalité du modèle hybride doit être étudiée avec soin.
Résidents à l’étranger et fideicomiso
Si le propriétaire n’est pas résident fiscal au Mexique, la Ley del ISR impose à son article 158 les revenus tirés de la mise à disposition temporaire d’immeubles situés dans le pays à un taux de 25 % du revenu perçu, sans aucune déduction. La retenue est opérée par celui qui paie lorsqu’il est résident au Mexique ; dans les autres cas, c’est au contribuable lui-même de reverser l’impôt. Les conventions de non-double imposition signées par le Mexique — notamment avec la France, la Belgique, la Suisse et le Canada — permettent en principe d’imputer cet impôt dans le pays de résidence, mais elles n’effacent pas l’obligation mexicaine. Un résident français qui déclare des revenus fonciers de source mexicaine, ou un Québécois qui les reporte dans sa déclaration fédérale et provinciale, doit traiter les deux juridictions ensemble, jamais l’une après l’autre.
Le fideicomiso, mode de détention habituel des étrangers dans la zone restreinte côtière, ne change rien à cette conclusion : c’est le bénéficiaire (fideicomisario) qui perçoit les fruits du bien et qui est imposé ; la banque fiduciaire ne calcule ni ne paie l’impôt sur les loyers. Beaucoup d’étrangers choisissent de s’immatriculer au RFC comme disposant d’un établissement au Mexique, ou examinent avec leur contador si leur situation migratoire et fiscale leur permet d’être imposés comme résidents, avec déductions. Le détail du mécanisme figure dans le guide sur le fideicomiso, la fiducie bancaire pour acheteurs étrangers.
La société mexicaine
Lorsque l’investissement porte sur plusieurs lots ou que la finalité est clairement commerciale, certains investisseurs acquièrent via une société mexicaine dotée d’une clause d’admission d’étrangers. La société est imposée comme personne morale, au taux applicable au bénéfice, déduit ses charges et ses investissements et, lorsqu’elle distribue des dividendes, génère une seconde couche d’imposition. Elle suppose des coûts fixes de constitution, de comptabilité et de conformité qui ne se justifient qu’au-delà d’un certain volume. La comparaison entre cette voie et le fideicomiso est développée dans le guide sur la zone restreinte et la société mexicaine pour acheter un bien.
La taxe de séjour du Quintana Roo
Au-delà des impôts fédéraux, l’État frappe la prestation de services d’hébergement d’un impôt propre, régi par la Ley del Impuesto al Hospedaje del Estado de Quintana Roo et administré par le service fiscal de l’État (SATQ). La loi vise l’hébergement contracté via des plateformes numériques et prévoit que, lorsque la plateforme ou un autre intermédiaire intervient dans l’encaissement, elle retienne et reverse l’impôt pour le compte du prestataire et lui délivre une attestation de retenue dans le bref délai fixé par la loi, dans le format autorisé par le SATQ. La loi a été réformée en décembre 2024 puis de nouveau en décembre 2025 ; les analyses de cabinets fiscaux sur le paquet fiscal 2026 font état d’un taux général de 5 % et d’un taux de 6 % pour l’hébergement contracté via des plateformes numériques. Confirmez le taux applicable, l’assiette et les obligations d’immatriculation dans le texte en vigueur publié par le Congrès de l’État, et directement auprès du SATQ, avant de fixer votre tarif : cet impôt a été réformé presque chaque année.
La taxe est acquittée par le voyageur en tant que composante du prix, mais la responsabilité de son exigibilité, de sa retenue et de son reversement correct pèse sur le prestataire. Lorsque l’hôte encaisse hors plateforme — réservations directes, clients fidèles —, il doit la reverser lui-même.
Prévention du blanchiment
La Ley Federal para la Prevención e Identificación de Operaciones con Recursos de Procedencia Ilícita qualifie d’activité vulnérable la location d’immeubles lorsque le loyer mensuel atteint le seuil en UMA (unité de mesure et d’actualisation) fixé à son article 17, fraction XV, et impose alors d’identifier le locataire puis, au-delà d’un second seuil, de déposer des avis. Le seuil est élevé et n’est atteint que par des loyers de segment très haut, mais dans les locations de luxe à l’année à Playacar, Puerto Cancún ou Aldea Zama, il est prudent que votre conseil vérifie le seuil en vigueur et, le cas échéant, respecte l’identification et les avis.
Réglementation locale : copropriété, registre touristique et municipalités
L’exploitation saisonnière ne dépend pas seulement du SAT. Trois couches locales peuvent la limiter ou l’interdire, et les trois se vérifient avant l’achat, jamais après.
Le règlement de copropriété
La Ley de Propiedad en Condominio de Inmuebles del Estado de Quintana Roo reconnaît le droit du copropriétaire de louer son lot, mais soumet son usage à la destination prévue dans l’escritura constitutiva du régime et aux règles du règlement intérieur. Si l’acte fixe une destination exclusivement résidentielle, ou si le règlement restreint les séjours courts, l’assemblée peut sanctionner l’exploitation saisonnière. Avant de mettre en vente ou en location, demandez l’escritura constitutiva, le règlement en vigueur et les procès-verbaux des dernières assemblées : c’est là que l’on voit si l’immeuble est réellement « Airbnb friendly » ou seulement dans le discours du vendeur. Et observez la tendance : un immeuble tolérant aujourd’hui peut voter demain une restriction si la cohabitation se dégrade.
Le RETUR-Q et la régulation des plateformes par l’État
La Ley General de Turismo prévoit le Registre national du tourisme, catalogue public des prestataires de services touristiques à inscription obligatoire (art. 46 à 49), et les États tiennent des registres propres coordonnés avec lui. Au Quintana Roo, ce registre est le Registro Estatal de Turismo (RETUR-Q), tenu par le secrétariat au tourisme de l’État (SEDETUR), où s’inscrivent les prestataires de services touristiques, hébergement compris. Le gouvernement de l’État a exprimé publiquement son intention de réglementer l’hébergement proposé via les plateformes numériques, de le rattacher au registre des prestataires et de renforcer par ce biais les contrôles de sécurité et de prévention des délits ; dans le débat public récent, les autorités de l’État et des municipalités ainsi que le secteur hôtelier — avec une insistance particulière à Tulum — ont proposé des critères homogènes permettant à chaque mairie de définir où et à quelles conditions l’hébergement de plateforme peut opérer, avec un socle d’obligations équivalent à celui des hôtels. Pour l’investisseur, cela signifie deux choses : confirmer auprès de SEDETUR si son exploitation relève du service touristique et, le cas échéant, s’inscrire et tenir l’inscription à jour ; et ne pas tenir pour acquis que la réglementation d’aujourd’hui sera celle de demain.
Licences municipales et affectation des sols
Les municipalités — Solidaridad, Tulum, Benito Juárez, Puerto Morelos — contrôlent l’affectation des sols, les licences d’exploitation, la protection civile et la collecte des déchets. L’affectation du terrain et de l’ensemble immobilier doit permettre l’usage que vous projetez ; dans les programmes à vocation touristique, l’acte le prévoit généralement, mais dans un immeuble d’habitation ordinaire il convient de le vérifier auprès de la direction de l’urbanisme compétente. La réglementation municipale en la matière évolue rapidement ; votre conseil local doit confirmer l’état du droit au moment de l’achat.
Exemple méthodologique comparé (illustratif, non prévisionnel)
Ce qui suit est un exemple illustratif construit sur des hypothèses rondes, déclarées une par une, pour montrer la méthode. Aucun chiffre ne provient d’un marché réel et aucun ne doit servir de référence de prix ou de rendement ; remplacez-les par les vôtres, obtenues comme expliqué plus haut.
Hypothèses communes
Appartement d’une chambre dans une résidence avec piscine de la Riviera Maya, prix d’achat de 200 000 dollars, frais d’acquisition déjà réglés et exclus de l’analyse, charges de copropriété de 200 dollars par mois, predial de 250 dollars par an, sans crédit immobilier. L’analyse est menée avant ISR, parce que l’impôt dépend du régime et de la résidence de chaque investisseur ; l’IVA de l’hébergement est traitée comme refacturée au voyageur et donc exclue.
Scénario location courte durée
Mobilier et équipement complets : 15 000 dollars supplémentaires, soit un capital total investi de 215 000. ADR net de commissions de plateforme : 110 dollars. Occupation annuelle : 60 %, soit 219 nuits. Gestion : 25 % du revenu brut. Ménages non couverts par le voyageur : 1 200 dollars par an. Consommables et renouvellement : 800. Électricité, eau, gaz et internet : 2 400. Assurance : 400. Entretien et réparations : 1 000.
Scénario location longue durée
Appartement non meublé, capital investi 200 000. Loyer mensuel : 1 100 dollars. Vacance : un mois par an. Commission de mise en location : un mois de loyer. Assurance : 300. Entretien et peinture au changement de locataire : 600. Charges de consommation : à la charge du locataire.
Résultat comparé
| Élément (dollars par an) | Courte durée (60 % d’occupation) | Longue durée |
|---|---|---|
| Revenu brut | 24 090 (219 nuits × 110) | 13 200 (12 × 1 100) |
| Vacance | incluse dans l’occupation | −1 100 |
| Gestion / mise en location | −6 023 | −1 100 |
| Ménage, consommables et renouvellement | −2 000 | 0 |
| Charges de consommation (électricité, eau, internet) | −2 400 | 0 (locataire) |
| Charges de copropriété | −2 400 | −2 400 |
| Predial et assurance | −650 | −550 |
| Entretien | −1 000 | −600 |
| Revenu net d’exploitation | 9 617 | 7 450 |
| Capital investi | 215 000 | 200 000 |
| Rendement net d’exploitation | 4,5 % | 3,7 % |
Avec ces hypothèses, le modèle saisonnier produit environ 2 200 dollars de plus par an, soit 0,8 % de rendement supplémentaire sur le capital, en échange de 15 000 dollars investis en plus, d’une exploitation quotidienne, d’une fiscalité plus complexe et d’une exposition totale à la saison.
Sensibilité : le chiffre qui compte
Ramenez l’occupation à 45 % — 164 nuits — en gardant le même ADR. Le revenu brut tombe à 18 040 dollars, la gestion à 4 510, le ménage à environ 900, et le reste des coûts demeure fixe. Le revenu net d’exploitation s’établit autour de 5 400 dollars, soit 2,5 % sur 215 000 : en dessous de la location longue durée. Portez la charge de copropriété à 300 dollars par mois, ce qui arrive fréquemment lorsque l’immeuble entre en exploitation réelle, et les deux scénarios perdent 1 200 dollars, mais le saisonnier le ressent davantage parce que sa marge est déjà plus étroite. Ajoutez une année de sargasses intenses ou un ouragan qui ferme l’aéroport une semaine de haute saison, et l’écart s’inverse nettement.
La leçon de cet exemple n’est pas qu’un modèle l’emporte ; c’est que la location saisonnière exige de viser juste sur l’occupation avec une marge d’erreur étroite, alors que la location longue durée tolère des erreurs plus grandes. L’investisseur qui ne peut pas vérifier l’occupation avec ses propres preuves devrait retenir, par défaut, le scénario prudent.
Ce que l’exemple ne capture pas
Il laisse de côté l’ISR, qui peut peser davantage sur le saisonnier via la retenue de 4 % sur le brut ou, si le propriétaire est résident à l’étranger sans structure, via les 25 % sans déductions. Il laisse de côté la taxe de séjour de l’État et les frais de plateforme que le voyageur n’absorbe pas. Il laisse de côté la valeur du temps du propriétaire et le risque de sanctions de copropriété ou réglementaires. Il laisse enfin de côté la plus-value, qui a historiquement constitué une part centrale de la thèse d’investissement en Riviera Maya mais que personne ne peut garantir et que ce guide ne chiffre pas.
Un mot sur le change, qui concerne directement un investisseur en euros ou en dollars canadiens : les revenus arrivent en pesos ou en dollars américains, les charges se paient en pesos, et la conversion vers votre monnaie de référence ajoute une volatilité qui n’apparaît nulle part dans le tableau ci-dessus. Sur un horizon de dix ans, cette variable a souvent plus d’effet sur le rendement perçu que l’écart de 0,8 % entre les deux modèles. Modélisez-la séparément plutôt que de l’ignorer.
Comment penser le risque propre à chaque modèle
Comparer des rendements moyens sans comparer les volatilités est une erreur de débutant. La location saisonnière offre un rendement espéré potentiellement supérieur et une dispersion bien plus large : des années excellentes de forte demande, et des années de sargasses, de suroffre ou de crise du voyage. La location longue durée offre un rendement inférieur et une dispersion bornée par le contrat.
Trois questions aident à trancher. Dépendez-vous de ce revenu pour financer quelque chose — un crédit, un emprunt immobilier dans votre pays, votre budget de vie ? Si oui, la stabilité vaut plus que la moyenne. Pouvez-vous superviser l’exploitation, même à distance, avec des indicateurs mensuels, ou dépendez-vous aveuglément d’un tiers ? Si vous en dépendez, le modèle saisonnier vous facturera cet aveuglement. Combien d’offre neuve se construit dans un rayon d’un kilomètre autour de votre lot ? À Tulum et dans certaines parties de Playa del Carmen, la réponse est souvent « beaucoup », et l’offre neuve se dispute exactement les mêmes nuits.
Le risque de concentration compte aussi. Un immeuble dont la majorité des lots sont exploités en saisonnier compte moins de résidents permanents, connaît plus de rotation, plus d’usure et, fréquemment, plus de conflits en assemblée ; c’est un immeuble dont la valeur de revente dépend de la viabilité continue du modèle saisonnier. Diversifier entre modèles ou entre secteurs est ici aussi légitime que dans n’importe quel portefeuille.
La sortie : plus-value, revente et fiscalité de la vente
Aucun modèle locatif ne s’évalue complètement sans penser la vente future. Un appartement doté d’un historique de location longue durée, documenté, avec un locataire qui paie, se vend à un autre investisseur avec un flux démontrable, ou à un occupant final qui apprécie que le lot n’ait pas été exploité comme un hôtel. Un appartement saisonnier avec des avis, un calendrier rempli et des relevés bien tenus se vend à un autre opérateur avec une prime pour l’affaire en marche ; sans cet historique, il se vend comme n’importe quel appartement meublé.
À la vente, le propriétaire supporte l’ISR sur la cession, calculé sur le gain après actualisation du coût et déductions, ainsi que les obligations devant notario público (notaire mexicain, officier public seul habilité à formaliser la mutation). L’exonération pour vente de la résidence principale exige, entre autres conditions, de démontrer que le bien constituait le logement du vendeur, ce qu’un appartement exploité sur des plateformes remplit difficilement. Le détail, y compris le traitement des résidents à l’étranger et les impôts locaux qui grèvent l’opération, figure dans le guide sur les impôts sur la vente d’un bien au Mexique. Modélisez la sortie avec ces coûts et vous verrez que le rendement total de l’investissement dépend autant de la plus-value nette d’impôt que du loyer annuel.
Checklist de décision avant d’acheter pour louer
Parcourez cette liste avec l’appartement concret que vous évaluez, jamais dans l’abstrait.
- Secteur et produit : qui est le voyageur ou le locataire naturel de ce lot, et combien de lots comparables se le disputent à moins d’un kilomètre ?
- Escritura constitutiva et règlement de copropriété : la destination et les règles autorisent-elles le séjour court ? Qu’ont voté les dernières assemblées ?
- Charges et fonds de réserve : budget en vigueur, historique des augmentations, impayés de l’immeuble et état du fonds de réserve.
- Preuves d’occupation et d’ADR : comparables observés pendant plusieurs semaines, relevés réels de lots similaires, décote de montée en régime.
- Courbe mensuelle : douze mois avec occupations et tarifs distincts, septembre et octobre pénalisés, et un scénario sargasses.
- Coûts complets : contrat de gestion intégral, tarif électrique et risque DAC, assurance avec usage d’hébergement déclaré, renouvellement du mobilier.
- Structure fiscale : résidence fiscale, régime d’ISR, RFC et e.firma, traitement de l’IVA, taxe de séjour de l’État et RETUR-Q, revus avec un contador avant la première annonce.
- Structure de détention : fideicomiso, société mexicaine ou escritura directe, décidée en fonction du nombre de lots et de la finalité de l’investissement.
- Scénario prudent : rendement net avec occupation basse et charges élevées. Si ce scénario ne vous convient pas, la moyenne ne vous sauvera pas.
- Sortie : comment ce lot se vendra dans cinq ou dix ans, et avec quelle charge fiscale.
Si, une fois cette liste parcourue, vous hésitez encore entre les deux modèles, le signal est clair : achetez un lot qui fonctionne raisonnablement dans les deux — emplacement accessible à pied, immeuble au règlement souple, charges modérées, distribution qui plaise aussi à un résident — et tranchez le modèle avec le marché sous les yeux, pas avec la brochure. Vous pouvez parcourir les biens à vendre en Riviera Maya avec ce filtre mental, et demander à un conseiller les documents de copropriété et fiscaux de chaque candidat avant de tomber amoureux de la vue.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui rapporte le plus : la location courte durée ou la location longue durée ?
Cela dépend de l’occupation et du tarif réels, pas de ceux qui sont annoncés. Dans l’exemple illustratif de ce guide, avec des hypothèses prudentes, la location saisonnière dégage un revenu net d’exploitation légèrement supérieur, au prix de plus de capital, de plus de travail et de plus de volatilité ; avec une occupation faible, la location longue durée la dépasse. Votre propre modèle, bâti sur des hypothèses documentées, est la seule réponse valable.
Combien la plateforme me retient-elle ?
Avec un RFC communiqué, 4 % d’ISR sur le revenu d’hébergement et 50 % de l’IVA facturée, soit 8 points sur 16 (Ley del ISR, art. 113-A ; Ley del IVA, art. 18-J). Sans RFC, 20 % d’ISR et 100 % de l’IVA. La retenue constitue un acompte imputable ou, dans certains cas de revenus modestes, un paiement définitif sur option.
Je suis étranger et j’ai acheté via un fideicomiso : puis-je louer ?
Oui, et vous devez être imposé au Mexique sur ces loyers. Si vous n’êtes pas résident fiscal mexicain, la Ley del ISR impose le revenu brut de location d’immeubles situés dans le pays à 25 % sans déductions (art. 158), sans préjudice de ce que votre convention fiscale permet d’imputer dans votre pays. Vérifiez avec un contador si une autre structure vous convient mieux avant de publier.
La copropriété peut-elle interdire la location saisonnière ?
Elle peut la limiter ou l’interdire si l’escritura constitutiva fixe une destination exclusivement résidentielle ou si le règlement restreint les séjours courts, conformément à la Ley de Propiedad en Condominio du Quintana Roo. Lisez les deux documents ainsi que les procès-verbaux d’assemblée avant d’acheter.
Qu’est-ce que le RETUR-Q ?
Le Registre d’État du tourisme du Quintana Roo, tenu par SEDETUR, où s’inscrivent les prestataires de services touristiques de l’État et qui est coordonné avec le Registre national du tourisme prévu par la Ley General de Turismo. Le gouvernement de l’État a exprimé son intention de réglementer l’hébergement proposé par les plateformes numériques et d’exiger l’enregistrement de ceux qui le fournissent ; si vous exploitez en location saisonnière, vérifiez auprès de SEDETUR si votre activité relève du service touristique, quelles sont les obligations en vigueur et comment tenir l’inscription à jour.
Comment les sargasses et les ouragans affectent-ils la rentabilité ?
Comme des variables saisonnières. L’échouage de sargasses se concentre, selon le secrétariat à la Marine, entre avril et octobre, et pèse sur le tarif et l’occupation des lots qui vendent de la plage ; la saison cyclonique court de juin à novembre et coïncide avec la basse saison. Pénalisez ces mois dans votre modèle, maintenez un fonds de réserve propre et vérifiez que votre assurance couvre les dommages et la responsabilité civile avec l’usage d’hébergement déclaré.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui rapporte le plus en Riviera Maya : la location courte durée ou la location longue durée ?
Tout dépend du taux d'occupation et du tarif que l'appartement obtient réellement, pas de celui promis par la brochure. Dans un exemple illustratif bâti sur des hypothèses prudentes, la location saisonnière dégage un revenu net légèrement supérieur, mais au prix de plus de capital immobilisé en mobilier, de plus de coûts variables, de plus de travail et de beaucoup plus de volatilité. Avec un taux d'occupation faible, la location longue durée la dépasse. La bonne réponse sort de votre propre modèle, avec des hypothèses documentées.
Combien Airbnb ou une autre plateforme retient-elle d'ISR et d'IVA à un hôte au Mexique ?
Conformément à la Ley del ISR (article 113-A), la plateforme retient 4 % du revenu d'hébergement lorsque l'hôte fournit son RFC (numéro d'identification fiscale mexicain), et conformément à la Ley del IVA (article 18-J) elle retient 50 % de la TVA facturée, soit 8 points sur 16. Sans RFC, les retenues montent à 20 % d'ISR et 100 % de l'IVA. Ces retenues sont des acomptes ou, dans certains cas de revenus modestes, peuvent être considérées comme définitives.
Un étranger peut-il louer son appartement à Playa del Carmen ou à Tulum ?
Oui. Si vous êtes propriétaire via un fideicomiso (fiducie bancaire), les revenus vous appartiennent et sont imposables au Mexique ; si vous n'êtes pas résident fiscal mexicain, la Ley del ISR impose à son article 158 les revenus locatifs d'immeubles situés au Mexique à 25 % du revenu brut, sans aucune déduction, sauf si une convention fiscale ou une immatriculation comme contribuable au Mexique ouvre un autre traitement. À examiner avec un contador (expert-comptable mexicain) avant de publier la première annonce.
La copropriété peut-elle interdire la location saisonnière de mon appartement ?
Elle peut la limiter. La Ley de Propiedad en Condominio du Quintana Roo respecte le droit de louer, mais soumet l'usage du lot à la destination fixée dans l'escritura constitutiva (acte constitutif du régime) et au règlement. Si la destination est exclusivement résidentielle ou si le règlement restreint les séjours courts, l'exploitation saisonnière peut être sanctionnée par l'assemblée. Lisez les deux documents avant d'acheter.
Qu'est-ce que le RETUR-Q et me concerne-t-il si je loue via des plateformes ?
C'est le Registre d'État du tourisme du Quintana Roo, tenu par le secrétariat au tourisme de l'État (SEDETUR), où s'inscrivent les prestataires de services touristiques ; il est coordonné avec le Registre national du tourisme prévu par la Ley General de Turismo. Le gouvernement de l'État a exprimé publiquement son intention de réglementer l'hébergement proposé via les plateformes numériques et d'exiger l'enregistrement de ceux qui le fournissent. Si vous exploitez en location saisonnière, vérifiez auprès de SEDETUR si votre activité relève du service touristique, quelles obligations sont en vigueur et comment tenir l'inscription à jour.
Comment les sargasses et les ouragans affectent-ils la rentabilité ?
Comme des variables saisonnières, pas comme des catastrophes annuelles. Les échouages de sargasses se concentrent, selon le secrétariat mexicain à la Marine, entre avril et octobre, et pèsent sur le tarif et l'occupation des appartements qui vendent de la plage ; la saison cyclonique atlantique court de juin à novembre et coïncide avec la basse saison. Un modèle sérieux pénalise ces mois à risque, provisionne un fonds pour dommages et vérifie la couverture d'assurance.
Sources et références
Liens vers les lois, règlements et organismes officiels cités dans ce guide.
- Ley del Impuesto sobre la Renta (arts. 113-A a 113-D, plataformas tecnológicas; 114 a 118, arrendamiento de personas físicas; 158, residentes en el extranjero) — Cámara de Diputados
- Ley del Impuesto al Valor Agregado (arts. 1, 18-B a 18-M, servicios digitales; 20 fr. II, casa habitación) — Cámara de Diputados
- Plataformas tecnológicas: obligaciones fiscales de personas físicas que prestan servicios de hospedaje (retenciones de ISR e IVA, opción de pago definitivo) — Servicio de Administración Tributaria (SAT)
- Portal del SAT: obligaciones de personas físicas con ingresos por arrendamiento de inmuebles — Servicio de Administración Tributaria (SAT)
- Ley General de Turismo (arts. 46 a 49, Registro Nacional de Turismo), Biblioteca de leyes federales — Cámara de Diputados
- Ley del Impuesto al Hospedaje del Estado de Quintana Roo (texto vigente y reformas, incluida la de diciembre de 2025) — Congreso del Estado de Quintana Roo
- Ley de Propiedad en Condominio de Inmuebles del Estado de Quintana Roo (última reforma POE 12-11-2021) — Congreso del Estado de Quintana Roo
- Ley de Prestación de Servicios Inmobiliarios del Estado de Quintana Roo (última reforma POE 16-12-2025) — Congreso del Estado de Quintana Roo
- Código Civil para el Estado de Quintana Roo (texto vigente) — Congreso del Estado de Quintana Roo
- Secretaría de Turismo de Quintana Roo (SEDETUR): portal institucional y Registro Estatal de Turismo (RETUR-Q) — Gobierno del Estado de Quintana Roo
- La SEMAR, en coordinación con los órdenes de gobierno y sociedad quintanarroense, se prepara para la temporada de arribazón de sargazo 2025 — Secretaría de Marina (SEMAR)
- Ley Federal para la Prevención e Identificación de Operaciones con Recursos de Procedencia Ilícita (art. 17 fr. XV, arrendamiento) — Cámara de Diputados
- CFE: Tarifa Doméstica de Alto Consumo (DAC), límites por tarifa — Comisión Federal de Electricidad
- Índice Nacional de Precios al Consumidor (INPC) — INEGI
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